Déclaration des organisations de la société civile québécoise en appui aux Tunisiens et Tunisiennes qui luttent pour l’obtention de droits démocratiques et de libertés civiles

Les associations et organismes signataires de la présente déclaration condamnent avec force la violente répression par le gouvernement tunisien des manifestations citoyennes que connaît actuellement le pays. Nous nous associons au large élan de consternation et de solidarité internationale qui s’exprime pour exiger un cessez-le-feu immédiat de la part du gouvernement de Tunis. Nous soutenons les revendications légitimes des Tunisiens et Tunisiennes pour le respect de leur droit à la dignité et leurs libertés démocratiques consacrées par la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Dans les dernières semaines, plusieurs manifestations citoyennes sont venues d’une part exprimer le sentiment d’exaspération de la population tunisienne face aux inégalités sociales grandissantes et d’autre part, dénoncer le recours systématique à la violence pour contrer toute voix dissidente. Face à ces protestations citoyennes, le gouvernement de Ben Ali a réagi avec une extrême violence, causant la mort de dizaines de manifestants et commandant l’arrestation de nombreux citoyens, syndicalistes, étudiants, journalistes, etc.

En tant que Canadiennes et Canadiens, nous réclamons du gouvernement Harper qu’il utilise tous les outils diplomatiques à sa disposition pour exercer des pressions sur son vis-à-vis tunisien afin que ce dernier cesse immédiatement ses attaques contre les civils tunisiens et qu’il respecte le droit des militants, des journalistes, des avocats, des internautes et cyber-dissidents ainsi que de tous les citoyens et citoyennes qui participent aux manifestations pacifiques.

Nous attendons du gouvernement canadien qu’il dénonce plus fermement ces violations des droits humains, qu’il exige l’établissement d’un dialogue social respectueux du droit de manifester et de la liberté d’expression en Tunisie et qu’il demande que les arrestations arbitraires cessent et la libération de toutes les personnes qui ont manifesté pacifiquement en exerçant leur droit à la liberté d’expression et de réunion comme prévu dans la Constitution tunisienne.

Comme l’a demandé le 12 janvier dernier La Haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Navy Pillay, qui a appelé le gouvernement tunisien à mener des enquêtes « indépendantes et crédibles », à la suite des informations sur un « usage excessif » de la force par les services de sécurité, nous exigeons également du gouvernement canadien qu’il demande des enquêtes transparentes, indépendantes et crédibles sur ces exactions.

Signataires :

  • Alternatives
  • Amnistie internationale Canada francophone
  • Association des droits de la personne au Maghreb
  • Association québécoise des organismes de coopération internationale
  • Centrale des syndicats du Québec dans le MondeQuébec
  • Collectif de Québec en solidarité avec les luttes sociales en Tunisie
  • Confédération des syndicats nationaux
  • Conseil central du Montréal métropolitain-CSN
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
  • Conseil régional FTQ Montréal métropolitain
  • PEN-Québec