Déclaration de Ouagadougou

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15 mai 2004 - En collaboration avec l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie (AIF), les organisations syndicales francophones membres de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) se sont réunies en Forum à Ouagadougou, du 13 au 15 mai 2004, pour préparer leur contribution en vue du prochain Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement des pays ayant le français en partage qui se tiendra à Ouagadougou, du 26 au 27 novembre 2004, avec pour thème central : «La Francophonie, espace solidaire pour un développement durable ».

Le Forum syndical francophone de Ouagadougou unanime réaffirme que :

• le mouvement syndical, par ses combats de toujours pour la Paix, le Pain et la Liberté est un acteur incontournable de progrès économique, de bien être général et de justice sociale ;

• le dialogue social est indispensable à la promotion du développement durable ;

• les partenaires sociaux doivent être associés aux réflexions y relatives.

C’est pourquoi le Forum syndical francophone de Ouagadougou revendique la reconnaissance officielle de la « Francophonie syndicale » en tant qu’interlocuteur privilégié et partenaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et de toutes ses instances sur les questions de développement.

Depuis des décennies, à l’occasion des conférences mondiales, de Rio à Johannesburg, en passant par Pékin, Copenhague, Doha, Cancun, et sur des sujets particuliers en Afrique, comme le NOPADA/NEPAD, le mouvement syndical international a toujours revendiqué un nouvel ordre mondial plus juste et plus solidaire. Durant toutes ces années, il n’a cessé d’attirer l’attention du monde sur les dangers que fait courir une économie préoccupée par les seuls aspects économiques et financiers.

Aujourd’hui, le monde doit redoubler d’efforts dans sa lutte contre la pauvreté, la misère, les guerres et conflits de toutes sortes, la destruction des ressources naturelles et de l’environnement : les pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie doivent être exemplaires dans ces combats.

Nous, syndicalistes, épris de paix, de dialogue et de justice sociale appelons les Chefs d’Etat et de Gouvernement, réunis à Ouagadougou au Sommet de la Francophonie, à œuvrer pour une mondialisation plus sociale, juste et humaine.

Nous leur demandons d’entreprendre des actions énergiques et concrètes qui sont d’une nécessité urgente aujourd’hui pour faire en sorte que la mondialisation réponde aux besoins de chacun dans la collectivité où il vit.

La mondialisation ne peut mettre en péril les langues et les cultures et la diversité culturelle est un des piliers du développement. A ce titre, la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) entend apporter sa contribution aux efforts de la Francophonie pour qu’en 2005, l’UNESCO adopte une convention sur la préservation et le développement de la diversité culturelle.

Nous voulons en particulier une mondialisation qui prenne en compte la dimension sociale et intègre les valeurs de Démocratie, Etat de droit, droits de l’Homme, justice, équité et solidarité . Le Monde francophone doit s’engager pour que ces valeurs soient universellement reconnues et respectées. La Déclaration fondamentale sur les principes et droits au travail adoptée par l’OIT constitue un socle de base minimum que tous les pays doivent mettre en œuvre et promouvoir.

Nous sommes prêts à œuvrer pour une mondialisation juste, ouverte à tous, gouvernée démocratiquement, offrant une chance et des avantages à tous les pays, une mondialisation qui ferait de la négociation collective, du dialogue social tripartite basé sur les droits fondamentaux des travailleurs et des travailleuses, un instrument de paix et de développement durable.

Nous croyons fermement que, pour réaliser le développement durable, la mondialisation doit reposer sur des actions interdépendantes et synergiques dans des domaines du développement économique, social et de la protection de l’environnement aux niveaux local, national, régional et mondial

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement doivent adopter une politique économique où l’homme et la femme sont au centre des préoccupations. Une économie solidaire qui ne soit pas une machine à exclure les populations. Un travail décent pour tous est la meilleure voie pour parvenir au développement et lutter contre la pauvreté. Il doit être un objectif universellement partagé.

Un monde juste ne peut être atteint sans justice sociale et sans la paix sociale, d’où la nécessité du dialogue social permanent dans l’espace francophone. Ce dialogue, pour être efficace, nécessite des interlocuteurs indépendants représentatifs, démocratiquement élus par les membres de leurs organisations respectives.

La Francophonie Syndicale estime indispensable d’intégrer la consolidation des Organisations représentatives des travailleurs et des travailleuses, la formation de leurs responsables, et la facilitation du dialogue social dans le Programme d’Action de la Francophonie et demande instamment que son projet global d’action soit prit en compte.

*La Francophonie Syndicale, réunissant les affiliées de la CISL, représente plus de 9 millions de travailleurs et travailleuses de 68 organisations syndicales provenant de 41 pays.