Décès de Pierre Elliott Trudeau :La FTQ se souvient d'un ami qui est devenu un opposant...

Montréal, 2 octobre 2000 - « La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) se souviendra de Pierre Elliott Trudeau comme d’un homme qui fut longtemps un ami des syndicats, dans les années 50 et au début des années 60, mais qui est devenu par la suite un opposant pour tout le mouvement syndical québécois », a déclaré aujourd’hui le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy.

« Dans les années 50, dit M. Roy, le jeune avocat Trudeau a souvent travaillé avec les syndicats qui forment aujourd’hui la FTQ. Il a participé à de grandes luttes ouvrières menées par notre centrale, en particulier en 1957 lors de la grève des mineurs de Murdochville, membres du Syndicat des Métallos. M. Trudeau était même présent à Murdochville lors de la célèbre Marche du 19 août 1957 qui s’est soldée par un affrontement avec des briseurs de grève et des agents de sécurité de la Noranda protégés par la Police provinciale de Duplessis. C’est de cette époque qu’il a gardé le respect des piquets de grève, qu’il n’a jamais franchis à titre de premier ministre du Canada. Il a aussi milité à nos côtés au temps de la CCF et des débuts du NPD, un parti que la FTQ a appuyé lors de sa fondation en 1961.

« Le ralliement de M. Trudeau au Parti libéral du Canada en 1965 a constitué pour nous une première rupture, puis sa lutte acharnée contre le nationalisme québécois. Nous avons dénoncé le viol des droits et libertés lors de la proclamation de la Loi des mesures de guerre en 1970. Nous lui reconnaissons cependant l’adoption de certaines mesures sociales progressistes, comme le nouveau régime d’assurance-chômage en 1971. M. Trudeau a toutefois perdu toute crédibilité à nos yeux quand il a fait adopter la Loi sur le contrôle des salaires en 1975, après s’être engagé en campagne électorale à ne pas le faire.

« Les épisodes qui ont suivi ne sont guère plus glorieux, à commencer par le rapatriement unilatéral de la constitution en 1982 sans l’accord du Québec. Cela entache à jamais un bilan marqué à cette époque par des actions plus positives, notamment sur le plan international en faveur de la paix. »

M. Roy conclut : « M. Trudeau a été un homme politique exceptionnel pour le Canada, son pays qu’il a défendu contre vents et marées. À sa famille nous tenons à transmettre nos vœux de sincères condoléances. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.