De l'Étiquette syndicale à l'étiquette éthique

<b>Une murale syndicale à visiter</b> <br>Sur la rue Saint-Antoine, un peu à l’est du Champ-de-Mars, on peut encore apercevoir un véritable trésor syndical : une murale encourageant l’achat de chaussures de fabrication syndicale, «la seule garantie contre les ateliers de misère et le travail des prisonniers».<br> <br>Elle date vraisemblablement de la période d’implantation du syndicat, la Boot and Shoe Workers Union, apparu à Montréal et Saint-Hyacinthe vers 1902. <br><br>En novembre 1995, un incendie a rasé l’immeuble qui cachait et protégeait cette œuvre fort probablement unique, considérant son âge et son relatif bon état de conservation.

Une murale syndicale à visiter
Sur la rue Saint-Antoine, un peu à l’est du Champ-de-Mars, on peut encore apercevoir un véritable trésor syndical : une murale encourageant l’achat de chaussures de fabrication syndicale, «la seule garantie contre les ateliers de misère et le travail des prisonniers».

Elle date vraisemblablement de la période d’implantation du syndicat, la Boot and Shoe Workers Union, apparu à Montréal et Saint-Hyacinthe vers 1902.

En novembre 1995, un incendie a rasé l’immeuble qui cachait et protégeait cette œuvre fort probablement unique, considérant son âge et son relatif bon état de conservation.

1902. Les unions locales d’ouvriers cordonniers membres de la Boot and Shoe Workers Union lancent au Québec une campagne de promotion de leur étiquette syndicale pour contrer les «sweat shops» (ateliers de misère).

«La marque de l’Union sur les chaussures rend justice à l’ouvrier, justice sous le rapport des salaires, des heures de travail et des ateliers hygiéniques n’offrant aucun danger. Pour l’ouvrier, la marque de l’union signifie confort domestique et bonheur de la femme et des enfants.»

«La marque de l’Union sur les chaussures rend également justice au manufacturier, le règlement équitable et raisonnable de tous les différends par l’arbitrage. Les ateliers de l’Union sont prospères.»

Les différents syndicats affiliés au Congrès des métiers et du travail du Canada adoptent une plate-forme de principes demandant que «l’étiquette de l’Union soit placée sur tous les articles fabriqués si la chose est possible, et sur toutes les fournitures de l’État et des municipalités».

2002. Le CTC, la FTQ et plusieurs syndicats affiliés appuient la campagne «Non à l’exploitation!» qui demande au gouvernement du Canada de modifier la Loi sur l’étiquetage des textiles pour exiger des entreprises qu’elles y inscrivent les noms et lieux de leurs fournisseurs et sous-traitants. Avec cette étiquette éthique, il sera possible aux consommateurs de savoir si ces articles ont été fabriqués ou non dans des ateliers de misère, dans le respect des droits internationaux, y compris le droit de se syndiquer et de négocier collectivement.

La campagne vise particulièrement les travailleurs et travailleuses qui doivent porter des uniformes achetés ou choisis par l’employeur. Plusieurs ont déjà obtenu une politique d’achat avec l’étiquette syndicale. L’ajout d’un volet «Non à l’exploitation!» découragerait les entreprises de sous-traiter dans des ateliers de misère, au Canada ou à l’étranger.

Des clauses modèles, une pétition et des documents d’information sont disponibles sur Internet, en consultant, entre autres, les sites du CTC (www.clc-ctc.ca » target= »_blank »>www.clc-ctc.ca), du SVTI (www.unite-svti.org » target= »_blank »>www.unite-svti.org) et du réseau canadien Maquila Solidarity (www.maquilasolidarity.org » target= »_blank »>www.maquilasolidarity.org).

Le Vieux Gustave se souvient d’assemblées où des délégués devaient ouvrir leur veston, enlever leur chapeau, sortir leur paquet de cigares ou de cigarettes pour montrer à un membre du Comité de l’étiquette syndicale, la fameuse étiquette! On se rappelle aussi la gêne de celui qui commandait une bière arborant un «p’tit bateau», vous savez, celle qui n’était pas syndiquée dans le temps!

Et si, pour le temps des Fêtes, nous portions une attention particulière à la provenance de ce que nous achetons ? Ce serait le plus beau cadeau à se faire et à faire à ceux et celles qui triment encore dans des ateliers de misère à travers le monde…

Le Vieux Gustave