Créer des emplois de qualité

Nos revendications sur l’emploi ne peuvent et ne doivent pas se limiter au nombre d’emplois à créer. Nous devons aussi intervenir sur la qualité des emplois, les nôtres et ceux qui se créent. Dans le secteur des services, privés et publics, on retrouve de plus en plus d’employés à statut précaire. Le sous-emploi est aussi un grave problème. De plus en plus de personnes travaillent beaucoup moins d’heures qu’elles ne le souhaitent.

On prétend que transformer des emplois à temps partiel ou sur appel en postes réguliers à temps plein peut créer du chômage. C’est vrai. Mais on oublie que les personnes qui occupent ces emplois en cumulent parfois deux ou trois pour arriver à avoir une semaine normale de travail. En faisant l’effort d’identifier tous ces emplois à statut précaire dans un même secteur, on pourrait sûrement en transformer et en consolider un nombre important. Il suffit d’un peu d’imagination «sectorielle» pour répartir dans des emplois à temps plein les personnes travaillant dans plusieurs établissements.

Quant aux emplois saisonniers, qui sont par ailleurs inévitables dans certains secteurs d’activité, notamment à cause des conditions climatiques, leur instabilité génère des problèmes tant pour les travailleurs et les travailleuses que pour les entreprises : insuffisance du revenu, changements fréquents d’emploi ponctués par des périodes de chômage plus ou moins longues, sous-investissement dans le développement des compétences, productivité réduite, difficulté de retenir la main-d’œuvre expérimentée, etc. Les nouveaux resserrements à l’assurance-emploi contribuent à mettre en évidence les difficultés rencontrées par les travailleurs et les travailleuses de ces secteurs, ce qui justifie amplement l’élaboration de politiques visant à stabiliser les emplois et à en allonger la durée.

Un projet expérimental de stabilisation de l’emploi réalisé par la SQDM dans trois secteurs (agricole, forestier et du tourisme) a donné des résultats très positifs en terme d’allongement de la période d’emploi. Le soutien gouvernemental dans les projets a été légèrement inférieur ou supérieur, selon les secteurs touchés, aux coûts de l’assurance emploi et ce, dès la première année. Ces projets ayant pour objectif de régulariser les emplois de façon permanente, le soutien gouvernemental s’avère ici un investissement fort intéressant.

Nous sommes de plus en plus présents et actifs dans les organismes et instances locales et régionales qui interviennent sur la question de l’emploi. Nous pourrions identifier les entreprises de la région qui utilisent largement une main d’œuvre précaire ou qui ne fonctionnent que sur une base saisonnière et proposer une redistribution de la main-d’œuvre dans des emplois réguliers ou une planification des activités de façon à utiliser la main-d’oeuvre de la localité ou de la région sur une plus longue période. Par exemple, dans les régions touristiques, on peut prolonger la saison en développant de nouvelles activités pour lesquelles on formerait le personnel. Par exemple, dans le secteur forestier, on pourrait utiliser les mêmes travailleurs pour la coupe de bois durant une partie de l’année et pour la plantation le reste de l’année.

Projets de stabilisation des emplois

La FTQ propose que les syndicats ainsi que les représentants et représentantes de la FTQ impliqués dans les organismes locaux et régionaux de développement économique se donnent pour objectif d’élaborer et de proposer des projets de déprécarisation et de stabilisation des emplois précaires et saisonniers