Créer de l'emploi dans chaque milieu de travail

Il y a parfois des petits pas qui, cumulés les uns aux autres, nous permettent de voyager très loin. C’est ainsi qu’un petit objectif «local» peut donner des résultats globaux intéressants. Pourquoi donc ne nous donnerions-nous pas un objectif de création d’emplois dans chacun de nos milieux de travail!

Les arguments et les moyens retenus différeraient sûrement selon les milieux. Mais il y a si longtemps maintenant que nos membres se plaignent de la lourdeur de leur charge de travail, que nous constatons une augmentation des problèmes de santé mais aussi de sécurité, que nous sommes en droit de réclamer un tout petit peu plus de monde!

Aujourd’hui plus qu’hier, nous négocions sur tous les terrains. Pourquoi pas sur celui du nombre d’emplois? Et nous en avons déjà l’expérience, même si ces dernières années nous avons plutôt lutté pour ne pas perdre trop d’emplois. Il s’agit de réactualiser nos vieux réflexes, nos vieux combats.

En plus de revendications plus traditionnelles, nous avons de nombreux outils tels l’aménagement et la réduction du temps de travail (ARTT). Ainsi, nous pouvons envisager d’abolir ou de réduire le travail en heures supplémentaires ou d’exiger qu’il soit repris en temps, de réduire la durée de la semaine de travail, d’augmenter le nombre de semaines de vacances, de faciliter le départ à la retraite pour maintenir et stabiliser les emplois de l’entreprise ou encore pour permettre la création de nouveaux emplois. Cela permet aussi de réduire le risque d’accident ou de maladie et d’améliorer la qualité de vie, notamment en matière de conciliation travail/famille L’impact sur le revenu peut cependant être négatif, mais il faut alors négocier différentes mesures qui permettent le maintien du pouvoir d’achat (fiscalité, congé, etc.).

Actuellement, une des mesures les plus populaires est d’accélérer les mises à la retraite. Cela peut sembler intéressant pour nos membres plus âgés qui souhaitent véritablement partir à la retraite. Mais cela peut aussi constituer une pression sur ceux et celles qui ne sont pas vraiment prêts parce que trop jeunes. On n’a pas encore mesuré l’impact des mises à la retraite des personnes de moins de 60 ans, mais déjà on observe que plusieurs personnes, après quelques mois d’inactivité, se sentent trop éloignées de la vie active et se remettent à la recherche d’un emploi. D’autres «acceptent» le retrait du marché du travail mais commencent à vivre des problèmes de santé, physique ou mentale.

D’autres mesures, souvent retenues, posent aussi problème. Que penser des nouveaux quarts de travail de fin de semaine? On crée de l’emploi, ce que les nouveaux, souvent jeunes, apprécient. Mais à moyen terme, ces nouveaux membres se révèlent assez insatisfaits de leurs conditions de travail et des difficultés qu’ils ont à concilier leur travail et leur vie familiale, avec de jeunes enfants notamment. S’il faut créer des emplois, les syndicats locaux auront toujours la responsabilité de répondre aux besoins de leurs membres, anciens, présents et futurs.

Augmenter de 1% la main-d’œuvre dans chaque milieu de travail

La FTQ propose que chaque syndicat local se donne pour objectif de négocier avec l’employeur une augmentation d’au moins 1% de la main-d’œuvre, notamment par des mesures d’aménagement et de réduction du temps de travail.

La FTQ propose de revendiquer auprès du gouvernement une bonification des programmes actuels en matière d’aménagement et de réduction du temps de travail afin de permettre un soutien du revenu adéquat pour ceux et celles qui participent à l’effort de création d’emplois.