Coup de force antidémocratique à Québec

Photo : Normand Blouin

Montréal, le 20 avril 2015. –  La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est outrée d’apprendre que le gouvernement de Philippe Couillard imposera pour une deuxième fois en quelques semaines une procédure parlementaire d’exception (le « bâillon ») pour faire adopter sans débat le projet de loi no. 28. Ce projet de loi « mammouth » touche une soixante de lois et une dizaine de règlements sur des enjeux aussi disparates que l’abolition des Centres locaux de développement (CLD), la rémunération des pharmaciens et pharmaciennes ou la modulation des tarifs de services de garde à l’enfance.

« Il s’agit ni plus ni moins d’un coup de force antidémocratique, s’insurge Daniel Boyer, président de la FTQ, le gouvernement Couillard détourne les procédures parlementaires. C’est comme s’il s’était arrogé le droit de gouverner par décrets. C’est inacceptable! »

 

La FTQ rappelle qu’une procédure d’exception est nécessaire pour permettre aux parlementaires de traiter des affaires urgentes lorsque les circonstances le commandent. Mais, une telle procédure devrait être encadrée et nécessiter l’approbation, au moins partielle, des oppositions comme c’était le cas à l’origine. Déjà, en additionnant à l’intérieur d’un seul projet de loi des dizaines de changements législatifs qui devraient constituer plusieurs projets de loi, ce gouvernement contourne l’esprit du processus législatif normal. Mais, en plus, en faisant passer ce projet de loi « mammouth » grâce à une suspension les règles de l’Assemblée nationale, il est clairement en dehors des limites acceptables pour notre démocratie.

 

« Ce gouvernement se comporte comme si l’élection du 7 avril 2014 avait clos tous les débats à faire sur les grandes orientations de société et les dépenses publiques. Il pense que le fait d’avoir obtenu une majorité grâce à l’appui de 29% des électeurs enregistrés lui donne une sorte de carte blanche pour diminuer à sa guise la taille de l’État québécois. Nous pensons que c’est une très mauvaise lecture des faits. Ce gouvernement devrait, au contraire, s’engager dans un dialogue avec les différents secteurs de notre société, un dialogue social. Oui, nous voulons d’un gouvernement qui décide, mais seulement après avoir tenté d’établir des consensus et fait des compromis, » conclut M. Boyer.

 

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.

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Renseignements : Isabelle Gareau, 514 953-0142