Congrès de la FTQ : Net resserrement de la solidarité public-privé

De gauche à droite : le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy et le président de la FTQ, M. Henri Massé <br>Photo Serge Jongué<br><br>  <b>Tous les documents du 27e Congrès de la FTQ disponibles à l'adresse <font color=blue size=2>congres2004.ftq.qc.ca</font> </b>

De gauche à droite : le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy et le président de la FTQ, M. Henri Massé
Photo Serge Jongué

Tous les documents du 27e Congrès de la FTQ disponibles à l'adresse congres2004.ftq.qc.ca

Montréal, le 3 décembre 2004 – Le 27e congrès triennal de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’est conclu ce matin par la réélection de son président, M. Henri Massé et de son secrétaire général, M. René Roy. Les deux dirigeants considèrent que ce congrès a été marqué par un net resserrement de la solidarité entre les syndicats du privé et ceux du public.

« Que ce soit sur les partenariats public-privé, sur une politique de l’aérospatiale, sur les menaces de privatisation dans le secteur municipal, sur les votes forcés d’allégeance syndicale dans la santé ou encore sur l’aide à la syndicalisation des travailleuses de Wal-Mart, les 1 500 délégués ont adopté, depuis lundi, des positions pragmatiques dont nous ressentirons les effets concrets dans les prochains mois », ont affirmé MM. Massé et Roy.

Une centrale équipée pour faire face aux employeurs

« Nous avons pu constater cette semaine que la FTQ est sans aucun doute la centrale syndicale la mieux équipée pour faire face aux tentatives de division et de chantage des employeurs publics et privés, qu’il s’agisse de gouvernements, de transnationales, d’organismes publics ou de patrons de PME.

« Si une administration municipale veut retirer des tâches à ses cols bleus pour les confier au privé, elle va être confrontée à une solide concertation entre les syndicats de la construction et les syndicats de cols bleus. Ça vaut également pour les services auxiliaires dans la santé , l’éducation ou bien dans le transport en commun », a fait valoir le président de la FTQ.

Au-delà des revendications immédiates

De nombreux intervenants, tout au long de la semaine, ont fait écho aux allusions de corporatisme syndical véhiculées par le gouvernement Charest à l’automne 2003 et relayées par la suite par le patronat. « Nos membres se sont dits carrément insultés par ces accusations alors qu’ils militent à tous les jours pour une meilleure intégration des personnes immigrantes, pour une véritable politique de lutte à la pauvreté, pour des services publics de qualité en santé et en éducation », a indiqué pour sa part le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

« On se préoccupe de francisation des milieux de travail, de formation professionnelle et continue, de conciliation travail-famille, de soutien aux travailleurs et travailleuses des pays malmenés par les diktats économiques des institutions internationales. Alors vous comprendrez que nos membres soient révoltés par la vision réductrice que certains véhiculent à propos de nos actions », a ajouté M. Roy.

L’action politique de la FTQ

Le congrès de la FTQ a par ailleurs adopté une déclaration qui balise l’appui éventuel de la centrale à des partis politiques, sa participation à des coalitions et sa présence au sein d’organismes ou de forums gouvernementaux. Cette déclaration politique réaffirme « l’autonomie totale et entière de la centrale à l’égard de tout parti politique », tout en gardant la porte ouverte à un appui ponctuel à un parti lors d’élections québécoises ou fédérales.

Solidarité intersyndicale

Les congressistes ont également accordé un appui sans équivoque aux travailleuses et travailleurs de la SAQ en grève, aux producteurs bovins aux prises avec les séquelles de la maladie de la vache folle, du protectionnisme américain et du monopole de l’abattage au Québec.

« Nous devons mener des actions intersyndicales quand une région est confrontée à une saignée des emplois comme au Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec les annonces d’Alcan et d’Abitibi-Consol, entre autres. C’est une question de survie », ont fait valoir des délégués de cette région.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.