Conflit de travail à Vidéotron: le Syndicat des Métallos (FTQ) s'implique - Prêt de 2 millions $ aux syndiqués de Vidéotron

Claude Généreux, secrétaire-trésorier national du SCFP. Michel Arseneault, directeur québécois du Syndicat des Métallos et Yves Lalonde, président des employés de Vidéotron de Montréal et de l’Ouest du Québec.

Claude Généreux, secrétaire-trésorier national du SCFP. Michel Arseneault, directeur québécois du Syndicat des Métallos et Yves Lalonde, président des employés de Vidéotron de Montréal et de l’Ouest du Québec.

Montréal, 18 septembre 2002. Le directeur québécois du Syndicat des Métallos (FTQ), Michel Arsenault, a annoncé aujourd’hui en conférence de presse que son syndicat prête deux millions de dollars sans intérêt aux membres des sections locales 1417 et 2815 du SCFP afin de soutenir les travailleuses et les travailleurs en grève chez Vidéotron. «Ce conflit, dit-il, concerne l’ensemble du mouvement syndical québécois et j’irais même plus loin, l’ensemble de la société québécoise. D’autres syndicats de la FTQ vont intervenir dans les jours et les semaines qui viennent. Vidéotron doit comprendre qu’il faut cesser l’affrontement contre ses employés et retourner à la table des négociations».

Le secrétaire-trésorier national du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Claude Généreux, s’est réjoui de la décision du Syndicat des Métallos (FTQ). «Le SCFP se donne à 100% pour toutes les sections locales en conflit de travail, a souligné Claude Généreux, et nous sommes heureux de constater la solidarité du mouvement ouvrier. En plus de cet appui des Métallos aux travailleurs et travailleuses de Vidéotron, le SCFP a aussi reçu récemment le soutien du Syndicat canadien des Communications, de l’Énergie et du Papier (SCEP) et du Syndicat des travailleurs et des travailleuses des Postes (STTP), chacun ayant offert au SCFP un prêt de un million de dollars sans intérêt. C’est tout le mouvement syndical qui se mobilise présentement, solidaire des cadenassés de Vidéotron».

Vingt ans de progrès remis en question par Québecor

Une récente enquête produite par le Centre syndical et patronal du Canada (CSPC) révélait que les relations de travail sont meilleures au Québec que partout ailleurs au Canada. «Cela a pris 20 ans pour civiliser les relations de travail au Québec. Les amendements au Code du travail dont les dispositions anti briseurs de grève et le pragmatisme du mouvement syndical québécois ont certainement contribué à développer l’exception québécoise. Voilà une entreprise, Québecor qui a choisi de nous ramener brutalement en arrière. Le plus choquant, c’est que la transaction n’a pu se réaliser qu’avec l’aide de la Caisse de dépôt et de placement qui a englouti près de 3 milliards de dollars dans cette aventure. C’est le peuple du Québec qui est en train de faire les frais d’un employeur qui veut ramener les relations de travail à l’ère des barons industriels américains du 19ième siècle», s’indigne Michel Arsenault.

La pointe de l’iceberg

«Le gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt et de placement doivent intervenir car ce conflit n’est que la pointe de l’iceberg de ce qui s’annonce dans le domaine des relations de travail au Québec. Sans ces interventions, nous allons assister à un durcissement des relations de travail au Québec. Depuis deux à trois ans, nous connaissons chez les Métallos des conflits de travail plus longs et plus durs. S’il fallait que Québecor obtienne les reculs qu’il souhaite en utilisant tout l’arsenal anti syndical dont il dispose comme l’utilisation de scabs scandaleusement permise par le Code du travail canadien, le Québec reculerait de 20 ans. Je suis persuadé que le peuple québécois n’a pas financé une entreprise québécoise de câblodistribution et son rachat par une autre entreprise québécoise pour que cela débouche sur un aussi triste bilan social», constate Michel Arsenault.

Québecor menace la survie de Vidéotron

«C’est pourquoi le SCFP est heureux de pouvoir compter sur ce nouvel appui. Nous refusons que nos membres soient les victimes d’un employeur qui ne souhaite que faire reculer les relations de travail au Québec. L’argent prêté au syndicat des employés de Vidéotron par l’intermédiaire du SCFP-Québec fera en sorte de bonifier les allocations hebdomadaires versées à même notre caisse de grève nationale, permettant ainsi à nos membres de poursuivre cette bataille cruciale pour l’ensemble des syndiqués au Québec», a ajouté Claude Généreux.

«De plus, s’inquiète Claude Généreux, la survie de l’entreprise est aussi en jeu. Nous ne pouvons pas faire des affaires en faisant fi de ceux et celles qui font fonctionner les entreprises tous les jours. C’est la venue d’un nouveau joueur qui a tout changé. C’est à ce nouveau joueur de dénouer l’impasse dans laquelle il s’est enlisé. Il y a toujours des limites à brader la richesse collective d’un peuple».

Une première étape

«Le syndicalisme n’en est pas à ses premières batailles contre des multinationales», tient à rappeler Michel Arsenault, le dirigeant du plus important syndicat du secteur privé au Québec. «Nous avons mené avec succès des luttes contre des compagnies comme Québecor qui se croyaient tout permis. Notre solidarité avec les travailleuses et les travailleurs de Vidéotron va continuer à s’exprimer concrètement. L’annonce d’aujourd’hui n’est qu’un premier pas en ce sens», a conclu Michel Arsenault.

Pour informations:
Michel Arsenault, Syndicat des Métallos (FTQ), (514) 599-2001

Claude Généreux, Syndicat canadien de la fonction publique, (613) 794-8395