Conditions de misère dans un atelier de vêtement - 400 femmes victimes d'antisyndicalisme chez Tricots Lamour à Montréal

Malini Kulaveerasingan, militante syndicale arrêtée par la police et détenue pendant plusieurs heures suite à une accusation patronale. <br> <br><i>Photo Serge Jongué

Malini Kulaveerasingan, militante syndicale arrêtée par la police et détenue pendant plusieurs heures suite à une accusation patronale.

Photo Serge Jongué

La compagnie Lamour fait travailler ses quelque 400 employées dans des conditions dignes des «ateliers de misère» du Tiers-Monde. Ainsi, après douze ans d’ancienneté, une salariée gagne moins de 7,80 $ l’heure et n’a aucun régime d’assurances ni de retraite.

Une manifestation a eu lieu, le 12 février, devant la manufacture de bas-culottes Tricots Lamour à Montréal, afin de dénoncer les violations par cet employeur du droit de son personnel de se syndiquer avec le Syndicat du vêtement, du textile et autres industries (SVTI), affilié à la FTQ.

Un vote de syndicalisation au scrutin secret avait eu lieu le 5 février. À cette occasion, l’employeur a utilisé plusieurs moyens illégaux pour brimer le droit des salariées de se syndiquer. Il a instauré, dès le début de la campagne syndicale, un régime de terreur dans le milieu de travail. Il a notamment menacé les salariées de congédiement et de fermeture de l’entreprise, s’est ouvertement affiché contre le syndicat par le biais de ses contremaîtres et superviseurs et a publié des tracts antisyndicaux. Le jour du vote, il a intimidé plusieurs salariées lors de réunions forcées; des leaders syndicaux ont subi du harcèlement pendant que d’autres se sont fait offrir des pots-de-vin pour voter contre le syndicat.

Le syndicat a demandé une accréditation réparatrice à la Commission des relations du travail étant donné les violations à la loi.
Le SVTI, le plus important syndicat dans le secteur du vêtement et du textile, compte plus de 250 000 membres en Amérique du Nord.

Vêtement : la FTQ et la CSD ont gain de cause
Le gouvernement Charest a répondu aux demandes de la FTQ et de la CSD et maintenu les normes sectorielles dans l’industrie du vêtement. À la fin de 2003, le gouvernement a aussi annoncé une majoration du taux de salaire minimum applicable à l’industrie.

Depuis le 1er janvier, ce taux est passé de 7,55 $ à 8 $ l’heure. Dorénavant, le taux de salaire payable aux travailleuses et aux travailleurs du vêtement sera toujours supérieur de 50 cents au salaire minimum.
Le nombre des congés fériés demeure à dix et la troisième semaine de vacances après trois ans de service continu est maintenue.

La grande majorité (80 %) des entreprises de confection de vêtements emploient dix salariés et moins. Plus de 80 % de la main-d’œuvre est formée de femmes, dont 75 % sont des immigrantes souvent nouvellement arrivées.