Condition des femmes afghanes : La communauté internationale doit se mobiliser

Montréal, 26 octobre 2001 - « La condition des femmes afghanes, premières à souffrir de l’intégrisme du pouvoir taliban, doit figurer en tête de liste des discussions entourant la mise en place éventuelle d’un nouveau gouvernement en Afghanistan.

« La communauté internationale doit se mobiliser pour que soit restauré un État de droit où les femmes afghanes cesseraient d’être traitées comme du bétail, des parias à qui on dénie les droits élémentaire à l’éducation, au travail, à la liberté de mouvement, à la participation de plain-pied à la société civile », ont déclaré Johanne Vaillancourt, Nicole Bluteau et Suzanne Amiot, vice-présidentes de la FTQ.

Les États-Unis ont fermé les yeux
Rappelant que les États-Unis ont fermé les yeux, depuis 1996, sur les exactions et l’institutionnalisation de pratiques barbares contre les femmes afghanes, la FTQ est préoccupée au plus haut point par le silence entourant la restauration des droits des femmes dans un éventuel gouvernement représentatif des différentes ethnies présentes en Afghanistan.

« Il ne faut pas oublier que l’opposition aux Taliban, l’Alliance du Nord, a elle-même assassiné, violé et réduit les femmes au rang de sous-humain entre 1992 et 1996, alors que ses Seigneurs de guerre maîtrisaient la capitale du pays, Kaboul. On ne doit pas tolérer que les femmes soient encore une fois sacrifiées pour des considérations de stratégies géopolitiques », a insisté Johanne Vaillancourt.

Le Canada doit assumer ses responsabilités
« Le Canada, directement et par son rôle aux Nations Unies, doit assumer ses responsabilités pour que les droits des femmes afghanes soient pleinement réhabilités. Le gouvernement a raison de condamner le terrorisme suite aux attentats du 11 septembre à New-York et Washington. Il a raison de mettre des ressources à la disposition de la communauté internationale pour traquer les réseaux terroristes.

« Mais le Canada a aussi le devoir de s’assurer que le sort réservé aux femmes afghanes, peu importe le gouvernement en place, ne soit pas relégué au dernier rang des considérations entourant l’après régime taliban. Les femmes afghanes sont victimes d’un terrorisme quotidien qui doit être éradiqué », a soutenu pour sa part Nicole Bluteau.

Une mobilisation concertée pour les droits des femmes afghanes
« Rien ni aucune religion ne peut justifier qu’on prive un être humain des droits reconnus dans la déclaration universelle des droits de la personne. De nombreux reportages écrits et télévisés ont ému les populations occidentales. Une réelle résistance s’organise tant sur le territoire afghan que pakistanais pour que les femmes afghanes soient reconnues comme participantes à part entière de la société civile, avec leurs pleins droits.

« Il semble que cela n’a pas suffi. Nous en appelons donc à une mobilisation concertée de tous les groupes, de toutes les organisations préoccupées par les droits humains, par les droits des femmes, pour que les femmes afghanes puissent non seulement retrouver leur dignité mais tous leurs droits sans exception », a conclu Suzanne Amiot.