« Compte tenu de nos attentes, nous sommes déçus par ce plan d’action qui recycle plusieurs mesures déjà annoncées et dans lequel on retrouve peu d’argent neuf » – Daniel Boyer, secrétaire général de la FTQ

Réaction de la FTQ au deuxième Plan d’action gouvernemental pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Montréal, le 17 juin 2011 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), qui représente le plus grand nombre de travailleuses syndiquées au Québec, exprime sa déception face au deuxième Plan d’action gouvernemental pour l’égalité entre les femmes et les hommes. « Il s’agit là d’un plan ambitieux de 290 millions de dollars sur quatre ans, mais avec bien peu d’argent neuf (37 millions). Malgré des intentions louables, plusieurs des mesures annoncées ne sont que du recyclage, comme les 15 000 places en garderie. Le plan d’action du gouvernement du Québec, présenté par la ministre Christine St-Pierre, ne comporte rien pour lutter contre la précarité grandissante en emploi, notamment pour les femmes », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer.

« La FTQ déplore particulièrement le manque de mesures concrètes et vraiment facilitantes pour les travailleuses et les travailleurs en matière de travail-famille au sein des entreprises. Au chapitre de la conciliation travail-famille (CTF), la FTQ est très déçue que le gouvernement n’ait aucune intention d’adopter une loi-cadre sur la CTF pour forcer des changements de plus en plus nécessaires dans les milieux de travail. Toutes les mesures proposées ne reposent que sur de la bonne volonté.

Les mesures pour améliorer l’autonomie économique des femmes auraient aussi dû être plus importantes. Le gouvernement entend miser sur l’entreprenariat au féminin. Il a aussi annoncé que des efforts seraient faits pour tenter de diversifier les choix professionnels des femmes, fort bien. Par contre, il n’y a rien dans le plan d’action pour s’attaquer à la précarité en emploi, rien pour améliorer la retraite des femmes, les normes du travail, ainsi que l’accès à la syndicalisation pour les femmes », a ajouté Monique Côté, vice-présidente de la FTQ et représentant les femmes au sein du bureau de direction.

« La FTQ se réjouit toutefois du sérieux accordé à l’analyse différenciée selon les sexes (ADS). Il faudra toutefois juger de la valeur de l’arbre à ses fruits. Nous souhaitons que ce processus soit appliqué rigoureusement dans tout l’appareil gouvernemental, y compris lors de budgets et autres réformes majeures. Il faut saluer également le retour des cours d’éducation sexuelle dans les écoles et la tenue d’une campagne gouvernementale sur les rapports égalitaires », a poursuivi Monique Côté.

« La persistance des nombreuses discriminations systémiques et des inégalités que vivent les femmes nécessite plus d’efforts et surtout des ressources gouvernementales accrues pour faire réellement progresser l’accès à l’égalité pour toutes les femmes. Étant donné que les femmes constituent plus de la moitié de la population du Québec et tout près de la moitié de sa population active, on peut douter que les millions annoncés soient suffisants. Il faut aussi une véritable volonté politique d’améliorer le sort des femmes du Québec », a conclu le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres.