Commission d'enquête des Métallos :TRANSNATIONALES CANADIENNES AU BANC DES ACCUSÉS

L’une des rencontres thématiques organisées pendant le Sommet l’était par le syndicat des Métallos. Il s’agissait d’une Commission d’enquête sur le comportement de quatre transnationales canadiennes: Alcan, Dana, Noranda et Cominco. Pas moins de 450 personnes y ont participé.

Cette activité a été l’occasion de nombreux échanges entre les travailleurs et travailleuses oeuvrant au sein de la même entreprise, assurant ainsi des collaborations futures encore plus structurées.

Des témoignages accablants
Tour à tour, des représentants et représentantes du Québec, du Canada, du Mexique, du Pérou, du Chili et du Brésil sont venus témoigner, devant un panel de commissaires, du comportement des entreprises dans leur pays respectif. On a entendu des témoignages extraordinaires de la part des mineurs du Chili et du Pérou, des travailleurs de l’aluminium du Brésil et d’organisateurs syndicaux du Mexique. Deux déléguées ont fait des interventions particulièrement touchantes. Congédiée pour tentative de syndicalisation, Maria Delgado est maintenant recruteuse pour la centrale indépendante du Mexique, le Front authentique des travailleurs (FAT). «La répression contre les travailleurs et les travailleuses qui veulent se syndiquer est terrible. Il faut un courage et une détermination à toute épreuve.» Janet Berzola est présidente de la Centrale nationale des femmes des mineurs au Pérou. «Nos maris partent travailler dans les mines en haute altitude pendant des semaines et même des mois. Ces séparations ont des conséquences désastreuses sur la vie familiale et l’éducation des enfants. Les séparations et les divorces sont nombreux. D’où l’importance de mesures de soutien aux femmes et aux familles.» En plus des témoignages livrés de vive voix, les commissaires ont reçu de nombreux documents écrits. Ils publieront sous peu un rapport complet qui sera disponible au Syndicat des Métallos. On se renseigne au (514) 599-2000.

La solidarité en parallèle
Le Sommet a aussi été l’occasion de rencontres. Elles auront permis de bâtir des liens qui conduiront à des échanges entre syndicats. C’est ainsi qu’un groupe de l’Association internationale des machinistes (AIMTA) a rencontré un délégué de la CUT du Brésil, Kjeld Jakobsen. Ce dernier s’est fait le porte-parole des travailleurs syndiqués de l’avionnerie brésilienne Embraer, soulignant la nécessité d’établir un dialogue entre eux et les syndiqués de Bombardier au Québec. «Embraer est l’une des multinationales qui offre les pires conditions de travail, a-t-il expliqué, et la sous-traitance est largement utilisée.» Le syndicat des Machinistes représente des dizaines de milliers de membres dans le secteur de l’aéronautique. Ses représentants se sont montrés fort réceptifs à l’idée de construire des liens et d’effectuer des échanges. «Les travailleurs de nos deux entreprises ont plusieurs points en commun, ont-ils souligné. Nous pouvons faire des choses ensemble.» Tous ont insisté sur le fait que ce ne sont pas les travailleurs qui sont en compétition.