Comité d’experts sur les régimes de retraite

La FTQ réclame un débat de fond sur les régimes de retraite

Montréal, le 17 novembre 2011 – Réagissant à l’annonce faite par la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet, de la formation d’un comité d’experts chargé d’étudier les régimes de retraite à prestations déterminées, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’oppose à ce que l’on discute de l’avenir des retraites de façon disparate et incohérente. « Le gouvernement Charest fait preuve d’un manque de vision dans ce dossier et semble réagir à un problème conjoncturel plutôt que de proposer une réponse au problème structurel. Nous sommes à l’heure des comptes, il faut regarder la « bête » dans les yeux », a déclaré le président de la FTQ, Michel Arsenault.

L’avenir des retraites est en train de se jouer et on propose comme solution, la mise sur pied d’un ensemble de comités qui étudient la question de façon disparate : comité consultatif auprès des assureurs et patronat sur le régime volontaire d’épargne-retraite (RVER), comité technique sur les régimes à prestations cibles, comité sur les régimes municipaux et finalement un comité d’experts sur les régimes à prestations déterminées. « Le gouvernement se refuse encore à envisager la seule option possible pour assurer la retraite de tous, soit l’amélioration des régimes publics. La retraite est à la fois la responsabilité de l’État, des employeurs et des individus. En agissant ainsi, le gouvernement nous démontre qu’il ne répond plus qu’à un seul objectif : satisfaire l’appétit sans fin du patronat et des assureurs », a ajouté M. Arsenault.

La FTQ, en collaboration avec des groupes de femmes, de retraités et d’associations étudiantes, revendique depuis plus de deux ans une amélioration au Régime de rentes du Québec (RRQ). Cette mesure que l’on souhaite pleinement capitalisée est la mieux à même de répondre à l’objectif que tout élu devrait avoir en tête, soit d’assurer une retraite à l’abri des soucis aux futures générations de retraités et ce, dans un souci d’équité intergénérationnelle.

M. Arsenault a également manifesté son inquiétude face à la montée en flèche des régimes à cotisations déterminées et à l’arrivée du RVER qui laissent reposer exclusivement les risques sur les épaules des travailleurs et des travailleuses. En même temps, il partage l’idée de la Régie des rentes du Québec selon laquelle les difficultés rencontrées par les régimes de retraite tiennent beaucoup à des déficiences dans le financement des engagements aux régimes et à une gestion inadéquate des risques.

Quant à la proposition du Conseil du patronat de revoir les règles relatives au régime de retraite dans le secteur public, le président de la FTQ rappelle que les participants paient une cotisation de 8,69 %, ce qui est supérieur à la majorité des régimes privés.

Si la FTQ juge nécessaire la prolongation jusqu’à la fin de 2013 des mesures d’assouplissement mises en place il y a deux ans pour soulager les employeurs, elle considère toutefois que ce temps devrait être utilisé afin de faire l’analyse complète des enjeux touchant notre système de retraite. « Comme à son habitude, la FTQ est prête à mettre la main à la pâte et souhaite que le gouvernement offre aux parties un lieu de débat sur l’avenir de nos régimes de retraite! », a conclu le président de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres.