Coalition Solidarité-Santé : Soutien à domicile, le ministre Trudel doit agir rapidement

Montréal, le 20 janvier 2002 – « Le ministre Rémy Trudel doit, sans plus tarder, concrétiser son engagement d’injecter 300 millions de dollars d’argent neuf dans le dossier du soutien à domicile. Tant de personnes ont sonné l’alarme, les familles, les CLSC, les aidants naturels, les organismes communautaires, les syndicats, le vérificateur général, le ministre doit agir maintenant », a déclaré Mme Marie Pelchat, présidente de la Coalition Solidarité-Santé.

Le Québec dans le peloton de queue en soutien à domicile

« Faisons en sorte que le caractère distinct du Québec ne réside pas dans son rôle de plus faible investisseur dans les services de soutien à domicile au pays, soit 66 $ per capita contre une moyenne de 83 $ au Canada, 92 $ en Ontario et 129 $ au Manitoba en 1999-2000.

« Et surtout, le ministre ne doit plus assujettir cette injection de fonds à une contrepartie fédérale, ce qui risque de retarder dramatiquement l’aide à des milliers de personnes aujourd’hui sans ressource », a ajouté Mme Pelchat

Un problème de société qu’il faut corriger rapidement

« Comme société on ne peut tolérer que des familles, et majoritairement des femmes, soient de plus en plus sollicitées pour palier aux lacunes des ressources en services à domicile. Des personnes mettent entre parenthèses non seulement leur vie sociale mais souvent leur emploi pour des personnes qui ont des incapacités quel que soit leur âge ou nécessitant des soins post-hospitaliers ou de fin de vie.

« Oui on tente d’inculquer des valeurs de partage, d’entraide et de responsabilité à nos élèves, à nos enfants, mais il n’est pas question de les entraîner dans une dynamique de culpabilité qui éviterait le questionnement de la responsabilité de l’État dans la réponse aux besoins des citoyens vivant des réalités particulières.

« Lorsque le vérificateur général, dans son dernier rapport annuel, nous dit que la part des proches et des familles se chiffre à 4 milliards de dollars alors que les budgets de l’ensemble des CLSC pour les services à domicile pour les personnes âgées n’atteint pas 300 millions de dollars, on a un sérieux problème de société, de priorités, qu’il nous faut corriger rapidement », a indiqué Mme Monique Richard, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

La loterie des soins à domicile!

« C’est carrément indécent d’en être réduits à accepter que seulement 65 % des personnes en perte d’autonomie pourront recevoir des services à domicile en 2002 dans la région de Montréal, alors que 20 000 personnes âgées seront laissées à elles-mêmes, comme le prévoit le plan d’organisation des services 1998-2002 de la Régie régionale de Montréal.

« On parle de personnes en chair et en os ici, non pas de statistiques ou de marchandises. On parle de nos parents, de nos grands-parents, de nos proches qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à l’essor de notre société. Ces personnes n’ont pas à être ballottées dans la loterie de ceux qui auront la chance d’obtenir 10 minutes de services à domicile par semaine (21 000 personnes à Montréal seulement).

« À l’échelle du Québec, il y a plus de un million de personnes touchées par des incapacités. Peut-on se permettre de laisser aller la situation dont on mesure déjà les résultats dans les urgences hospitalières, de négliger la prévention, le dépistage, et attendre une paralysie du système de santé public pour agir? », a questionné pour sa part M. Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Une Loi anti-déficit profondément inéquitable, notamment pour le maintien à domicile

« C’est un secret de polichinelle que nombre d’établissements de santé, parmi lesquels des CLSC, en sont réduits à des mesures de dernier recours pour démontrer au ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) que la Loi anti-déficit pour les établissements de santé que leur a imposé le gouvernement est impraticable. Les CLSC doivent actuellement moduler l’offre de services en fonction des ressources dont ils disposent plutôt qu’en fonction des services requis. Le vérificateur général rappelait pourtant que les CLSC doivent s’assurer que les services requis sont offerts.

« L’allongement des listes d’attente ou le refus de nouvelles demandes, non seulement pour les personnes en perte d’autonomie mais également pour des patients en phase terminale, le ciblage des clientèles les plus lourdes, le transfert au secteur privé de services relevant du secteur public, le recours au communautaire ou à des entreprises d’économie sociale font désormais partie des stratégies d’offre de services à domicile de CLSC pour se conformer aux directives du MSSS. Ce désengagement de l’État signifie pour les usagers qu’ils doivent dorénavant payer pour des services jusqu’alors gratuits.

« Et lorsque le ministère débloque des montants additionnels, comme les 15 millions de dollars dégagés en crédits en juin dernier pour les personnes avec des incapacités, la plupart des CLSC utilisent ces montants pour combler les déficits budgétaires de leurs services à domicile afin de satisfaire aux exigences de la Loi anti-déficit », a indiqué Marc Laviolette, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Une vision globale et à long terme

« Si la nature a horreur du vide, le secteur privé des soins de santé n’attend que ce vide pour augmenter sa présence au détriment du système public de santé. Le gouvernement du Québec et le ministre Trudel doivent donner un message clair et prendre les moyens nécessaires pour assurer l’accès à tous et à toutes à des services de maintien à domicile de qualité et en quantité suffisante.

« Après la désinstitutionnalisation, le virage milieu et le virage ambulatoire, après les nombreux rapports, commissions, comités et mémoires, le gouvernement doit retomber sur ses pattes et agir, avec une vision à long terme et globale dans le dossier des services à domicile.

« Le rapport Anctil a clairement établi qu’avec des soins à domicile adéquats, l’État peut épargner jusqu’à 60 % des coûts qu’il assumerait en centres d’accueil ou en hospitalisation. Le ministre Trudel doit en prendre bonne note et balayer du revers de la main les vendeurs du temple de la privatisation et assurer, à long terme, la viabilité du système public de santé. C’est le temps d’agir », ont conclu les organisations membres de la Coalition Solidarité-Santé.

Liste des membres 2001-2002
Action réseau consommateurs
Action santé Outaouais
Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ)
Association de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées du Québec (AQDR)
Association professionnelle des technologistes médicales du Québec(APTMQ)
Association des retraités et retraitées de l’enseignement du Québec (AREQ-CSQ)
Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
Clinique communautaire de la Pointe St-Charles
Confédération des organismes de personnes handicapées (COPHAN)
Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Conférence canadienne religieuse division Québec
Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN)
Conseil provincial des affaires sociales (CPAS-FTQ)
Fédération des associations coopératives d’économie familiale (FACEF)
Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ)
Fédération du personnel de la santé et des services sociaux (FPSSS-CSQ)
Fédération des syndicats de professionnelles et professionnels de la santé et des services sociaux (FSPSSS-CSQ)
Fédération des professionnèles (FP-CSN)
Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec (FTQ)
Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)
Fédération des unions de familles (FUF)
Projet Genèse
Regroupement des aidantes et aidants naturels de Montréal (RAANM)
Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM)
Regroupement des citoyens de l’Annonciation
Regroupement des organismes communautaires Jeunesse du Québec (ROCAJQ)
Regroupement des organismes communautaires de l’Estrie
Regroupement des organismes communautaires des Laurentides
Regroupement des organismes communautaires de la région 03 (Québec)
Regroupement québécois des intervenantes et intervenants communautaires (RQIIAC)
Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ)
Syndicat canadien de la Fonction publique (SCFP-FTQ)
SOS Santé
Table provinciale des regroupements d’organismes communautaires et bénévoles
Table régionale des organismes communautaires et bénévoles de la Montérégie
Union québécoise des infirmières et infirmiers (UQII-CSQ)
La Coalition est également en contact avec la Coalition canadienne de la santé.