Le CISO au Burkina Faso

Le CISO au Burkina Faso

Photo: Denise Gagnon

En 2014, les membres du Centre international de solidarité ouvrière (CISO) ont décidé de financer un projet d’appui de deux ans aux travailleuses et travailleurs de l’économie informelle au Burkina Faso. La collaboration s’organise entre le CISO et, au Burkina Faso, l’Unité d’action syndicale, deux syndicats autonomes d’enseignants et la coordination locale de la Marche mondiale des femmes.

L’économie informelle

L’économie informelle, en marge du contrôle de l’État, se caractérise par des salaires extrêmement bas, des heures de travail illimitées, l’absence de protection sociale (pension de vieillesse, assurance maladie, congés de maternité, etc.), de piètres conditions de santé et sécurité au travail et une grande insécurité financière et psychologique. Les secteurs les plus pauvres et les plus vulnérables de la société y sont confinés.

Les mesures d’ajustement structurel imposées dans les années 1980 et 1990 par les grandes institutions financières internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international) à l’État burkinabé ont gonflé les rangs de l’économie informelle, repoussant des travailleuses et les travailleuses et travailleurs qualifiés du secteur public vers la précarité et l’informalité et affaiblissant du même coup le mouvement syndical burkinabé.

Aujourd’hui, cette «économie de la débrouille», fruit de la résilience de populations marginalisées par le capitalisme mondialisé, occupe plus de 80% de la main-d’œuvre burkinabée souvent peu alphabétisée, dont 74% sont des femmes.

Le projet

En décembre dernier, des membres de l’équipe du CISO se sont rendus au Burkina Faso à l’occasion du démarrage du projet Coordination intersectorielle Burkinabè pour L’Emploi – CIBLE travail décent. La délégation du CISO était composée de Luc Allaire de la CSQ, Denise Gagnon de la FTQ et Nathalie Guay de la CSN, tous trois membres de l’exécutif du CISO, ainsi que d’Amélie Nguyen, coordonnatrice du CISO.

Le projet s’échelonnera sur les trois prochaines années grâce à l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec. Lancé officiellement à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, il constitue en quelque sorte une seconde phase du «Projet d’appui au secteur de l’économie informelle» entrepris par le CISO en 2014. Il vise à faire valoir et reconnaître les revendications des travailleuses et travailleurs de l’économie informelle dans le cadre du dialogue entre le gouvernement et les syndicats, par un appui à leur organisation, des formations sur le travail décent et des formations techniques liées à leur métier.

L’intérêt du projet est aussi de briser l’isolement des travailleuses et des travailleurs. Aussi, le groupe cible est composé de femmes à plus de 60% et des jeunes de l’économie informelle.

Un partenariat novateur

Le partenariat novateur entre la Marche mondiale des femmes et les syndicats semble particulièrement porteur pour l’égalité entre les genres. Les croisements entre ces cultures organisationnelles et ces mandats différents engendrent un apprentissage mutuel qui teintera l’action collective des groupes de femmes et des syndicats au terme des trois années de collaboration.

Souhaitons que cette solidarité entre les travailleuses et travailleurs du Québec et du Burkina Faso se poursuive et s’accroisse dans les années à venir à travers la richesse des échanges et des apprentissages réciproques.

D’un côté ou l’autre de la planète, nos luttes ont beaucoup plus en commun qu’on pourrait le croire.