Chaîne d'approvisionnement des forces armées - Victoire de l'AFPC contre la privatisation

Les membres de l’Alliance de la fonction publique (AFPC-FTQ) travaillant à la Défense nationale célèbrent leur victoire contre la privatisation, avec la décision récente du ministère de ne pas confier les opérations de la chaîne d’approvisionnement des forces armées à une multinationale britannique, Tibbett and Britten Group.

Les hauts fonctionnaires à la Défense nationale reconnaissent ainsi la valeur du travail efficace et professionnel qu’accomplissent les membres de l’AFPC. Cette décision confirme également le message du syndicat qu’aucune entreprise ne peut effectuer cet important travail de manière aussi efficace que la fonction publique.

«Contrairement à d’autres expériences de privatisation, on a mis fin à ce projet avant qu’une catastrophe n’éclate, grâce au travail de sensibilisation que nous avons fait auprès de nos collectivités et grâce à l’appui de nos membres», a déclaré Jérôme Turcq, vice-président québécois de l’Alliance et vice-président de la FTQ. «Cette lutte nous a appris d’importantes leçons : en travaillant ensemble, nous pouvons changer les choses. D’ailleurs, la visibilité de la FTQ lors de nos manifestations et ralliements a illustré avec éloquence l’importance de la solidarité dans le mouvement syndical et dans nos communautés. Ce soutien a grandement contribué à renverser la décision de privatiser.»

Ce revirement de situation touche 1400 membres de l’Union des employés de la Défense nationale (UEDN) affiliée à l’AFPC, dont 400 au Québec. Ces civils veillent à l’approvisionnement complet des militaires canadiens, ici et à l’étranger, en mission de paix ou au combat. Qu’il s’agisse de vêtements, d’eau, de nourriture, d’armes, de munitions ou de carburant, les marchandises proviennent de dépôts comme Longue-Pointe (Montréal), Bagotville ou Val-Cartier.

Membres ravis
«Le syndicat a vivement contesté les importantes économies promises par Tibbett and Britten, a indiqué la présidente canadienne de l’AFPC, Nycole Turmel. En bout de ligne, la seule façon de réaliser les économies promises aurait été de réduire le personnel et de rogner sur les coûts chaque fois que cela aurait été possible. Nos membres sont ravis du fait que leur précieux travail soit reconnu.»

L’AFPC et l’UEDN ont mené une campagne contre le projet de la chaîne d’approvisionnement pendant des mois. Ils ont fait valoir que la privatisation de ces activités n’était pas dans l’intérêt public, ne permettrait pas de réaliser des économies et irait à l’encontre des objectifs du Canada en matière de sécurité.

«La Défense nationale va revoir les opérations de la chaîne d’approvisionnement, a précisé Jérôme Turcq. Le syndicat va travailler étroitement avec le ministère afin de s’assurer qu’on respecte les engagements de faire tous les efforts nécessaires pour en amoindrir les effets négatifs.»

L’emploi des membres de l’AFPC-UEDN sera protégé pendant cette révision. Durant les trois premières années du projet, personne ne sera obligé de déménager afin d’accepter une offre d’emploi raisonnable.