Certification des résidences privées

« La qualité de vie et l’état de santé des personnes âgées sont intimement liés aux conditions de travail : il faut y voir! » – Michel Arsenault, président, FTQ

Montréal, le 21 octobre 2012 — À quelques semaines de la publication du nouveau règlement sur la certification des résidences privées, le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’inquiètent des conséquences de ce nouveau règlement sur les conditions de travail des travailleurs et des travailleuses des résidences privées.

Pour le président de la grande centrale syndicale, Michel Arsenault, « le désengagement de l’État dans la santé est tel que des milliers de personnes sont littéralement obligées de se tourner vers les résidences privées pour se loger et pour recevoir les soins et services dont ils ont besoin. On a assisté à des fermetures de lits massives, on a encouragé le recours au privé et on se retrouve aujourd’hui à prendre soin de personnes fragiles et non autonomes dans des conditions qui frisent parfois l’indécence. On salue la nouvelle réglementation sur la certification des résidences privées, mais pas à n’importe quel prix! L’état de santé des personnes âgées dépend directement des conditions dans lesquelles leurs soins sont prodigués, et c’est à cela qu’il faut s’attaquer. »

Le président du SQEES, Jean-Pierre Ouellet, insiste : « Il y a une chose qui doit être clarifiée : on parle du droit des personnes âgées de vivre dans la dignité, c’est très bien, mais il ne faudrait jamais oublier que ce droit est intimement lié à celui des travailleurs et des travailleuses qui leur donnent des soins, c’est-à-dire le droit de travailler dans la dignité, dans des conditions de travail appropriées. C’est là tout le sens de notre campagne
 » Prendre soin de nous… c’est aussi pour vous « 
».

La formation

« Jusqu’ici, ajoute Jean-Pierre Ouellet, l’une des réponses qui ont été avancées était d’obliger les employés à avoir de la formation nécessaire à l’accomplissement de leurs tâches. Faisant référence à certains cas de mauvais traitements, on a souvent entendu dire qu’il ne s’agissait pas de mauvaise volonté, mais plutôt d’une absence de formation. On parlait même de la formation comme de la pierre angulaire de la réforme proposée. Très bien!

« Mais parler formation, c’est parler de temps et de coûts de formation. La formation sera-t-elle donnée sur le temps de travail et à la solde de l’employeur? Tout permet d’en douter. Va-t-on obliger les employés à faire leur formation en dehors de l’établissement et en dehors des heures de travail? C’est impraticable. Pour ne prendre qu’un exemple, un grand nombre de ces salariés sont des personnes immigrantes, notamment dans la grande région montréalaise et beaucoup d’entre elles ont un double emploi afin d’arriver à joindre les deux bouts. Oublions ça : si ce n’est pas sur le temps de travail, elles ne pourront pas être formées adéquatement. Même chose pour les chefs de familles nombreuses ou monoparentales… Et encore plus simple, comment quelqu’un, gagnant à peine 11,00 $ l’heure, peut-il arriver à se payer de la formation? Poser la question, c’est y répondre! »

La rémunération

Parmi les membres du SQEES travaillant dans les résidences privées, le salaire maximum moyen était de
11,85 $ en 2011. Pour beaucoup d’autres, le salaire brut se réduit au salaire minimum ou à quelques sous de plus!

Michel Arsenault précise : « C’est bien beau de parler d’équité salariale, mais quand on voit un gouvernement
 » déléguer  » certaines de ses responsabilités dans le secteur privé sans s’assurer d’une égalité de traitement des salariés, on a un méchant problème. En 2011, une préposée aux bénéficiaires dans le secteur public gagnait 18,76 $ à l’échelon maximum, soit 58,3 % de plus que dans la moyenne maximale observée dans les résidences privées. C’est scandaleux. Et encore plus quand on sait que les préposés du secteur privé se retrouvent avec des bénéficiaires lourds, demandant des soins extrêmement pointus.
»

Pour les deux dirigeants syndicaux, il est important d’envoyer un message clair, à la fois aux propriétaires des résidences et au gouvernement : « La prise en charge des personnes âgées en hébergement est une responsabilité sociale et collective. Leur assurer une vie dans la dignité passe nécessairement par la reconnaissance du fait que cette qualité de vie dépend de ceux et de celles qui veillent jour et nuit à leur quotidien et au premier chef, de leurs conditions de travail. Qu’on leur fournisse la formation dont ils ont besoin et qu’on les paie à leur juste valeur! »

Le SQEES-FTQ représente des membres partout au Québec, majoritairement dans le secteur de la santé et des services sociaux. Il est le plus grand syndicat dans le secteur des résidences privées pour personnes âgées. Il est affilié à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, la plus grande centrale syndicale québécoise, avec plus de 600 000 membres.

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