Camionneurs indépendants : Pour la FTQ, la balle est dans le camp du gouvernement – La centrale réclame une association professionnelle unique pour représenter les camionneurs indépendants

Montréal, 31 janvier 2000 - « À l’heure où certains parlent déjà, de façon irresponsable, de bloquer à nouveau les routes, la FTQ lance un appel pressant au gouvernement du Québec pour qu’il légifère rapidement afin d’appliquer les bonnes solutions aux difficultés vécues par les camionneurs indépendants. Le Forum sur le camionnage, que la FTQ avait réclamé, vient de remettre son rapport au ministre des Transports, M. Guy Chevrette, et à la ministre du Travail, Mme Diane Lemieux. C’est à eux maintenant de se mettre en route! »

C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui M. Henri Massé, président de la FTQ, qui représente près de la moitié des quelque 12 000 camionneurs indépendants québécois. M. Massé a fait le point sur le dossier en compagnie des dirigeants des syndicats affiliés : MM. Pierre Deschamps, vice-président de la FTQ et président du Conseil québécois des Teamsters, et André Tremblay, directeur adjoint du Syndicat des Métallos. Ceux-ci représentent 6 000 camionneurs indépendants par l’entremise de l’Association professionnelle des chauffeurs de camion et la Coopérative des camionneurs, alors que les Teamsters représentent l’immense majorité des chauffeurs salariés syndiqués au Québec.

Une association représentative unique
« La FTQ et ses syndicats ont proposé une solution concrète et réaliste aux problèmes des camionneurs propriétaires, une solution de compromis selon le rapport synthèse du Forum, dit M. Massé. Cette solution, c’est une législation particulière permettant aux camionneurs de se regrouper dans une association professionnelle unique, de leur choix. De telles associations existent dans d’autres secteurs où l’on trouve des travailleurs autonomes, comme l’Union des producteurs agricoles et l’Union des artistes. Si l’association veut s’affilier à une centrale syndicale, c’est elle qui en décidera.

« Chose certaine, seule une telle association donnera aux camionneurs un bon rapport de force pour obliger les employeurs à négocier de meilleures conditions de travail et de rémunération, dit M. André Tremblay, directeur adjoint des Métallos. Les camionneurs pourront mieux affronter les donneurs d’ouvrage, en particulier certaines courtiers en transport qui sont de véritables vautours. Par ailleurs, une association unique permettra d’éviter la surenchère entre les organisations syndicales. »

Un code d’éthique
Pour civiliser l’industrie du camionnage, la FTQ propose aussi d’autres mesures, dit M. Pierre Deschamps des Teamsters : le rétablissement du contrat type; un mécanisme rapide, efficace et peu onéreux d’arbitrage des litiges, au lieu de devoir s’adresser aux tribunaux; des mesures de contrôle obligatoire pour les courtiers en transport (garanties, délais de paiement, etc.); une formation professionnelle de qualité, tant en matière de conduite que de gestion d’entreprise et, enfin, un code d’éthique.

La flambée du prix de l’essence
À propos de la dernière flambée du prix du carburant qui « égorge » les camionneurs, la FTQ et ses syndicats concernés réclament notamment que les donneurs d’ouvrage versent aux chauffeurs 11 cents de plus du mille ou 7 % de plus. Cette hausse illustre, une fois de plus, la nécessité pour les camionneurs de se donner une association professionnelle qui négociera une clause type anti-inflation (une formule d’indexation) pour contrer l’augmentation du coût du carburant.

12 000 indépendants sur 125 000 camionneurs
Selon les chiffres dévoilés au Forum sur le camionnage, il y a au Québec près de 12 000 camionneurs indépendants, soit moins de 10 % des quelque 125 000 chauffeurs de camion québécois (en excluant le transport en vrac). Sur ces 12 000 indépendants, plus de 80 % font du transport interprovincial et international et relèvent donc de la compétence fédérale.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.