Caisses de retraite : Pour une véritable prise en charge

René Roy, secrétaire général, a pris le micro pour souligner l’importance du dossier.

René Roy, secrétaire général, a pris le micro pour souligner l’importance du dossier.

« Seul le mouvement syndical a la force et l’indépendance nécessaires pour bien représenter tous les participants et participantes d’un régime de retraite, qu’ils soient actifs ou retraités. Nos syndicats s’organisent de mieux en mieux pour intégrer dans leurs structures les retraités et leurs demandes ».

Ce constat de la Déclaration de politique sur la participation et l’orientation syndicales en matière de gestion des caisses de retraite s’est vérifié dans les interventions des congressistes qui ont insisté sur l’importance de la formation des membres, sur le maintien des régimes publics et universels de retraite, sur la prise en main syndicale de ces formidables leviers économiques que sont les caisses de retraite. Le confrère Henri Massé a d’ailleurs bien fait ressortir le poids économique des caisses de retraite au Québec, au Canada et en Amérique du Nord.

Un meilleur contrôle syndical
Des intervenants ont mis en relief les entraves patronales de même que les obstacles législatifs qui viennent limiter le rôle des syndicats dans la gestion des caisses de retraite. On a adopté une motion de renvoi stipulant que la FTQ devra, d’ici l’automne 2002, mettre sur pied un plan d’action de concert avec ses affiliés. L’objectif est de forcer le gouvernement à éliminer les obstacles législatifs nous empêchant d’être fiduciaires de nos caisses de retraite. Les congressistes auront à se prononcer aujourd’hui sur une recommandation du Comité des résolutions quant au nouveau libellé.

La même motion demandait que la FTQ crée une fiducie globale sous contrôle syndical pour administrer l’épargne de nos membres pour la retraite. De façon générale, les interventions faisaient ressortir la volonté syndicale de poser un nouveau jalon décisif, dans la foulée des décisions du dernier congrès et du colloque de novembre 2000, pour un contrôle accru des caisses de retraite et pour l’émergence d’outils financiers favorables aux valeurs syndicales. On sentait également une volonté claire de passer à l’action et d’établir des échéanciers réalistes pour l’atteinte de nos objectifs syndicaux dans le dossier.

Pour des placements responsables
Après ce débat, les congressistes ont adopté une résolution demandant que la FTQ et ses syndicats affiliés fassent leur les quatre grands principes mis de l’avant par l’Organisation internationale du travail (OIT) en matière de placement responsable. Ces principes de l’OIT sont : liberté d’association et reconnaissance effective du droit à la négociation collective; élimination du travail forcé ou obligatoire sous toutes ses formes; abolition effective de la main-d’œuvre enfantine; élimination de la discrimination en ce qui a trait à l’emploi et à la profession. La résolution demande à la FTQ et à ses syndicats affiliés d’exercer des pressions auprès des organismes administrant nos régimes de retraite afin qu’ils adoptent ces principes. Elle demande aussi qu’une résolution en ce sens soit soumise à l’assemblée annuelle des actionnaires du Fonds de solidarité FTQ.

Même à la retraite, les syndicalistes s’activent
Comme cela avait été le cas lors du Colloque sur les caisses de retraite, des syndicalistes à la retraite sont venus témoigner de l’importance pour les syndicats de la FTQ et les sections locales de mettre sur pied des regroupements de membres retraités. La résolution adoptée demande de le faire avec les Conseils régionaux de la FTQ. Le président du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain, Michel Taylor, a expliqué qu’un tel regroupement régional existe déjà à Montréal et que ses membres contribuent grandement dans toutes les actions de mobilisation du Conseil.

« Pour un travailleur, siéger à un comité de placement, au début, c’est comme assister à une réunion de chirurgiens qui se parlent en chinois! Alors la formation, oui, c’est très important, mais il faut de la formation syndicale, car celle qu’offre l’employeur ne transmet pas les mêmes préoccupations. Et si on peut arriver à avoir de la formation payée, comme en santé-sécurité, nos membres, surtout les jeunes, vont embarquer. »

Claude Boisvert, AIMTA-712 (Bombardier-Canadair)

« Les retraités, c’est une force inutilisée ! Si on se met à les mobiliser, comme on a fait chez nous, à Alcan, c’est un levier formidable pour faire bouger l’employeur. En période de négociation, l’action commune des travailleurs actifs et des retraités empêche la compagnie de jouer les uns contre les autres. On a imposé la présence d’un retraité au comité de négos et on travaille ensemble pour prendre en main notre caisse de retraite. »

Alain Proulx, FSSA-Métallos (Arvida)