CAISSE POPULAIRE SAINT-ROBERT À RIMOUSKI : LA FTQ DÉNONCE LE « HARCÈLEMENT » DE L'EMPLOYEUR

Rimouski, 19 décembre 1999 - Le président de la FTQ, M. Henri Massé, a publiquement dénoncé ce matin, au cours d’une conférence de presse donnée à Rimouski, la direction de la caisse populaire Desjardins Saint-Robert, qui a recours à « certaines méthodes de gestion relevant du harcèlement » à l’égard de son personnel.

M. Massé était accompagné de M. Michel Lajeunesse, vice-président de la FTQ et directeur canadien du Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB), ainsi que de plusieurs employées de la caisse Saint-Robert.

Les quelque 35 salariées de cette caisse sont membres du SEPB qui est présent dans toutes les caisses populaires de Rimouski et dans plusieurs autres caisses de la région. Le SEPB est le plus important syndicat dans le secteur des institutions financières au Québec où il regroupe notamment le personnel de près de 125 caisses populaires et d’économie Desjardins.

Des méthodes d’intimidation

« Depuis des années, dit M. Massé, les employées des caisses populaires vivent toutes sortes de chambardements dans leur milieu de travail qui leur causent des inconvénients majeurs : formation qui, lorsqu’elle est complétée, devient à chaque fois insuffisante; baisse des heures de travail; augmentation des tâches; temps familial et social restreint; augmentation du stress et des cas d’épuisement professionnel, etc.

« Dans ce contexte déjà lourd à supporter, le directeur de la caisse populaire Saint-Robert n’a rien trouvé de mieux que de convoquer chaque semaine ses employées, individuellement, pour leur fixer des objectifs de vente de produits financiers avec, à la clé, des menaces ouvertes de rétrogradation, voire de sanctions disciplinaires si elles n’arrivent pas à atteindre ces objectifs. »

M. Michel Lajeunesse ajoute : « Cette méthode rétrograde, incompétente et intimidante constitue de l’acharnement de la part d’un employeur qui semble incapable d’une approche d’équipe. C’est précisément ce genre de harcèlement qui provoque le plus souvent le stress, l’épuisement et l’abandon professionnel. Ce sont là des méthodes de gestion néfastes. Nous sommes ouverts à la flexibilité, mais pas à la flexibilité du fouet avec lequel on entend faire travailler les employées! »

Des objectifs collectifs

Le syndicat, quant à lui, a proposé à l’employeur de fixer des objectifs collectifs avec une évaluation collective des résultats, indique Mme Thérèse Chouinard, présidente du syndicat local. Cette approche a plus de chance de motiver les employées et d’améliorer une performance d’ensemble. Mais jusqu’ici, l’employeur a balayé du revers de la main cette proposition syndicale, laissant entendre qu’il est le seul maître à bord.

En conclusion, la FTQ et le SEPB annoncent que tout sera mis en œuvre pour que la direction de Desjardins fasse entendre raison au directeur et aux membres du conseil d’administration de la caisse Saint-Robert, afin que cesse une telle pratique.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.