« Ça prend des environnements de travail sains et davantage de prévention » - Henri Massé, président de la FTQ

JOURNÉE INTERNATIONALE DE COMMÉMORATION DES PERSONNES TUÉES OU BLESSÉES AU TRAVAIL

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Crédit: Martine Doyon

Montréal, samedi 28 avril 2007 «On réussit à créer des environnements contrôlés et sains, exempts de substances toxiques, avec des normes de ventilation, d’humidité et d’aération supérieures pour garantir à la faune, comme ici au Biodôme, un milieu où les animaux peuvent évoluer sans qu’on craigne pour leur santé physique ou leur vie.

« Si on peut atteindre de tels standards pour des animaux, ça ne devrait pas être impossible dans les milieux de travail, dans les usines, dans les garages, dans les imprimeries, dans les fabriques de blocs de béton», a plaidé ce matin le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Henri Massé, à l’occasion d’un rassemblement soulignant la Journée internationale de commémoration des personnes tuées ou blessées au travail.

Le Canada dans le peloton de queue

Selon l’ACNOR (Association canadienne de normalisation), en septembre 2006, le Canada se classe parmi les pires pays du monde industrialisé au chapitre de la santé-sécurité avec un taux de sept morts par tranche de 100 000 travailleurs. Il se classe au 5ème rang des taux les plus élevés de l’OCDE, devancé seulement par la Corée, le Mexique, le Portugal et la Turquie.

Des morts qui ne font pas la manchette

« Le Québec ne peut certainement pas pavoiser lorsqu’on y constate un taux de 6,43 morts par tranche de 100 000 travailleurs contre un taux d’homicide de 2,16 par tranche de 100 000 de population.

« Ces morts de travailleurs ne font pas souvent la manchette mais elles n’en sont pas moins violentes avec des conséquences dramatiques pour les familles et l’entourage », a ajouté le président de la FTQ.

Ça prend une volonté politique à Québec

« Nous avons un devoir de mémoire et d’action, et c’est justement pour cette raison que nous avons mis sur pied cette journée de commémoration. Les 176 décès de 2004, les 223 de 2005 ou les 206 personnes mortes au travail en 2006 ne doivent pas être décédées en vain.

« Oui on peut et on doit parler sérieusement d’augmentation substantielle des amendes, d’accroître le nombre d’inspecteurs de la CSST, de poursuites criminelles contre les employeurs fautifs. Mais par dessus tout, ça prend une volonté politique à Québec pour que les mécanismes de prévention, la mise sur pied de comités de santé et sécurité, la nomination d’un représentant à la prévention, pourtant prévus dans la loi depuis 1979, s’appliquent à tous les travailleurs sans exception.

« Aujourd’hui encore, en 2007, quelque 85 % des travailleurs n’y ont pas droit. On peut carrément parler d’un régime de santé et sécurité du travail à deux vitesses. Et la CSST ne peut se cacher derrière le laxisme du gouvernement, elle dispose de pouvoirs d’intervention qu’elle pourrait utiliser plus souvent », a indiqué Henri Massé.

Les oubliés de 1967

« Je m’en voudrais enfin de ne pas rappeler que ce 28 avril, il y a 40 ans, c’était bien sûr l’ouverture au grand public de l’Exposition universelle de Montréal, mais c’était également l’aboutissement d’un chantier qui a coûté la vie à 10 travailleurs, sans compter les 12 décès sur le chantier du métro. De cela aussi, il faut se rappeler 40 ans plus tard », a fait valoir M. Massé.

Le coût de l’inaction en prévention

Rappelons que l’Organisation internationale du travail (OIT) estime à quelque 2,2 millions le nombre de personnes qui meurent chaque année d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Quelque 270 millions de personnes souffrent de lésions graves non mortelles et 160 millions souffrent de maladies chroniques ou autres liées au travail. Le Bureau international du travail (BIT) estime pour sa part à 1 788 milliards de dollars US le coût total de ces accidents et maladies.

« Tout comme on le dit pour ce qui est de la protection de l’environnement, le coût de l’inaction aujourd’hui en matière de prévention en santé et sécurité du travail se traduira dans quelques années par des coûts prohibitifs pour la société en termes financiers et… humains », a conclu Henri Massé.

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Source : FTQ
Renseignements : Louis Cauchy, 514 235-3996