Budget fédéral : « De belles occasions ratées » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

René Roy, secrétaire général de la FTQ (<i>photo archive)

René Roy, secrétaire général de la FTQ (photo archive)

Montréal, le 18 février 2003 – « Le gouvernement fédéral a raté de belles occasions de s’attaquer au déséquilibre fiscal, de donner un réel répit aux contribuables qui ont épongé le déficit fédéral, de combler le manque à gagner substantiel du Québec en santé, d’injecter davantage de fonds dans les infrastructures passablement délabrées », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy, dans une réaction préliminaire au budget fédéral.

Une véritable consultation sur l’assurance-emploi

Sur la réduction de la cotisation des employeurs et des employés à la caisse d’assurance-emploi : « Nous demandons que la fixation à la baisse d’une nouvelle cotisation fasse l’objet de consultations maintenant, comme c’était le cas par le passé. Il faut de plus que cette nouvelle cotisation soit établie à la lumière des résultats de discussions sur la disposition des excédents en tenant compte de leur impact sur différents programmes de formation, de soutien à l’emploi, de soutien aux travailleurs âgés. Et nous demandons toujours au gouvernement d’améliorer les conditions d’admissibilité au régime. Le budget Manley est muet à ce sujet », a déploré le dirigeant syndical.

« Le gouvernement ne peut se limiter à une consultation sur les montants de cotisation, c’est sur le contenu même du régime d’assurance-emploi et sur les surplus que cette consultation doit porter. »

Congés de compassion et empiètements de juridictions

La FTQ ne peut qu’approuver l’introduction d’un congé dit de compassion qui devrait permettre aux aidants naturels de souffler un peu. Ces personnes sont trop souvent confrontées au difficile choix entre conserver un emploi et prendre soin d’un membre de la famille.

« De tels choix ne devraient pas se poser et nous espérons que la mesure annoncée aujourd’hui permettra de soulager ceux et celles, car ce sont majoritairement des femmes, qui trop souvent doivent cumuler une charge de travail et trouver le temps pour aider un parent malade ou handicapé.

« Mais un tel congé devrait clairement s’inscrire dans le cadre global d’une politique québécoise de congés parentaux et le fédéral devrait y transférer les sommes nécessaires », a poursuivi M. Roy.

Au chapitre de la bonification de la prestation nationale pour enfants ou la mise sur pied d’un programme de services de garde, la FTQ reprend la mise en garde formulée lors des précédents budgets sur la création de fondations non imputables et empiétant sur les champs de juridiction des provinces. « Nous privilégions toujours l’augmentation des paiements de transfert plutôt que la création de nouvelles fondations », a indiqué le secrétaire général de la centrale.

Aider les contribuables qui ont épongé le déficit

« En abolissant la taxe sur le capital des entreprises, le budget Manley vient récompenser des entreprises qui n’ont en aucune façon contribué à l’éradication du déficit. Les contribuables qui ont payé pour le déficit zéro ne reçoivent rien quant à eux.

« Le minimum de décence serait d’aider ces contribuables sur le plan fiscal et de mettre en place un impôt pour les entreprises qui tienne compte de la nécessité d’attirer des investisseurs. Un congé fiscal comme l’abolition de la taxe sur le capital sans contrepartie est inacceptable », a repris René Roy.

Infrastructures

La FTQ estime que le Budget Manley a raté une belle occasion d’injecter davantage de fonds dans les infrastructures, notamment pour compléter l’autoroute 30 et remettre en état à la fois les réseaux d’aqueduc et d’égout et le réseau routier partout au Québec.

Santé

« Bien que le budget du ministre Manley reprend les montants compris dans les arrangements de la récente conférence des premiers ministres sur la santé, il reste un manque à gagner substantiel pour que le Québec puisse rencontrer ses besoins dans ce secteur. Le Québec devra revenir à la charge avec le prochain premier ministre fédéral, et vigoureusement.

« Dans l’ensemble, il s’agit d’un budget qui confirme l’incorrigible manie d’empiètement du fédéral, son absence de volonté de s’attaquer au déséquilibre fiscal ou même d’en reconnaître l’existence. Le fédéral dispose aujourd’hui des fonds nécessaires pour corriger bon nombre d’iniquité mais il en a raté l’occasion encore une fois », a conclu René Roy.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.