Bois d'oeuvre : La FTQ demande au ministre Pettigrew de négocier avec Washington plutôt que de faire une guerre juridique – La centrale craint la perte de milliers d'emplois

Montréal, 4 novembre 2001 - « Après quinze ans de chicanes avec les États-Unis sur la question du bois d’œuvre, il est grand temps que le ministre fédéral du Commerce international, Pierre Pettigrew, négocie avec Washington une solution durable plutôt que de faire une guerre juridique devant l’Organisation mondiale du commerce. Il y va du maintien de plusieurs milliers d’emplois au Québec, en grande majorité occupés par des membres de la FTQ », a déclaré aujourd’hui M. René Roy, secrétaire général de la centrale.

Pour la FTQ, la dernière décision du Département américain du Commerce d’imposer de nouveaux droits antidumping sur nos exportations de bois d’œuvre va provoquer des licenciements massifs et même des fermetures parmi les quelque 300 scieries du Québec et dans l’industrie forestière en général. Déjà, depuis l’imposition de nouveaux droits compensatoires en août dernier, les suppressions d’emploi se sont multipliées, en particulier dans les régions-ressources comme l’Abitibi, le Saguenay – Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.

M. Roy déclare : « Ce différend doit se régler par des négociations accélérées et non par une guerre juridique devant l’Organisation mondiale du commerce, ce qui risque de faire traîner les choses en longueur. Et qui dit négociations dit compromis. Le ministre Pettigrew admet qu’il examine actuellement les programmes provinciaux de gestion forestière qui devraient être modifiés, de façon à éliminer le problème à la source. C’est la voie à suivre si l’on veut trouver une solution à long terme, en collaboration avec le Québec qui a un régime forestier distinct. »

À cet égard, M. Roy précise : « La FTQ et ses syndicats concernés, en commission parlementaire l’an dernier, ont demandé au gouvernement du Québec de forcer les entreprises à respecter des normes plus élevées en matière de gestion forestière. On n’exige pas assez des entreprises forestières au Québec et au Canada.

La FTQ dénonce par ailleurs les entreprises forestières, dont certaines sont contrôlées par des intérêts américains, qui ont fait du dumping sur le marché des États-Unis : « Si l’on veut mettre fin aux représailles américaines, il faut éliminer ce dumping inacceptable dans un contexte de libre-échange », conclut M. Roy.

La FTQ représente la très grande majorité des syndiqués des scieries et de l’industrie forestière au Québec, par l’entremise de trois syndicats : le Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), la Fraternité nationale des forestiers et travailleurs d’usines (FNFTU) et le Syndicat des Métallos.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.