Au Mexique - Plus ça change, plus c'est pareil

Au Mexique, ce n’est pas facile d’avoir un syndicat indépendant. Les travailleurs et travailleuses chez Duro, de Rio Bravo, en savent quelque chose. Affiliés au CTM, la centrale syndicale de l’ancien régime, ils essaient de faire reconnaître leur nouveau syndicat autonome, légalement constitué en août 2000, comme le seul représentant des salariés à la table de négociation. Ils sont victimes de menaces, d’intimidation et de coercition. Plus de 250 personnes ont été congédiées, dont les membres de l’exécutif syndical.

Dans une lettre adressée à la ministre fédérale du Travail, Claudette Bradshaw, le 27 février, le directeur canadien des Métallos, Lawrence McBrearty, remarquait que ce cas est semblable à celui (ITAPSA) qui a fait l’objet d’une plainte de leur part en avril 1998 dans le cadre de l’Accord nord-américain de coopération dans le domaine du travail (ANACT). La plainte avait mené à un engagement du gouvernement mexicain de promouvoir le vote secret dans les litiges touchant aux droits de négociation collective.

Même avec un nouveau président qui se veut démocrate, les travailleurs et travailleuses du Mexique subissent encore les pires affronts. Chez Duro, tout laisse croire que les conditions dans lesquelles le vote a été tenu, le 2 mars dernier, étaient abusives: sur les lieux de travail, à main levée, devant des représentants de l’employeur et du CTM…qui a gagné l’élection !