Au lendemain du congrès - Le travail est déjà enclenché

René Roy, secrétaire général et Henri Massé, président de la FTQ, réélus.

René Roy, secrétaire général et Henri Massé, président de la FTQ, réélus.

La table est mise pour le travail à accomplir durant les trois prochaines années, à commencer par les priorités pour 2002. À peine sortis du congrès triennal de la fin novembre, les dirigeants de la FTQ ont mis les choses en branle pour entamer leur deuxième mandat.

Réélus sans opposition, le président et le secrétaire général, Henri Massé et René Roy, sont très satisfaits du déroulement de ce 26e congrès qui a réuni près de 1 500 délégués à Québec durant cinq jours. « On a passé plus de temps à débattre des résolutions et les gens ont vraiment parlé de leurs préoccupations. Beaucoup de jeunes sans expérience sont venus au micro. Les délégués étaient contents d’avoir pu s’exprimer. »

Un syndicalisme sans frontières
Une grande détermination à agir

Le congrès, dont le thème était Vers un syndicalisme sans frontières, a porté sur les défis que doit relever le mouvement syndical à l’heure de la mondialisation. Les congressistes ont adopté un plan d’action substantiel à ce sujet après leurs discussions en commissions. Ainsi, la FTQ intensifiera ses démarches afin que les syndicats soient associés au processus de négociations de la future Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), pour y inclure des clauses sociales sur les droits des salariés. Pour contrer la ZLÉA « dans sa forme actuelle », la FTQ a reçu le mandat d’«organiser au besoin, de concert avec le Congrès du travail du Canada (CTC) et l’AFL-CIO aux États-Unis, une mobilisation en vue d’une journée de grève en Amérique du Nord et dans les pays d’Amérique du Sud où il y a un mouvement syndical organisé ».

Les inquiétudes sont grandes quant aux déréglementations et privatisations qui ont cours dans les services publics. Les congressistes ont aussi déploré que la mondialisation néolibérale exerce une pression à la baisse sur les conditions de travail et sur les programmes de soutien du revenu, ce qui appauvrit particulièrement les femmes et les jeunes.

Renforcer notre action de négociation

Dans ce contexte, bien connaître son entreprise, c’est important. Et des ressources, on en a : le Fonds de solidarité, les universités, Internet, les autres syndicats FTQ, les conseils régionaux et même les secrétariats professionnels internationaux (SPI). On peut même négocier le droit à l’information dans nos conventions collectives.

De plus, plusieurs syndicats ont développé des liens internationaux dans plusieurs pays, ce qui aide à renforcer le syndicalisme partout dans le monde. Les Fonds de coopération syndicale internationale sont un soutien pour un tel objectif.

L’action politique nécessaire

L’inclusion des droits fondamentaux du travail et des droits humains dans les accords de libre-échange, c’est le noyau dur de nos revendications. Et cela est possible, comme est venu nous le dire la consoeur Penny Clarke, de la Confédération européenne des syndicats. C’est en travaillant entre nous, dans nos réseaux et au sein de coalitions que nous pourrons y arriver.

Les activités de formation et d’information sur la mondialisation sont un mandat d’importance pour la FTQ, ses syndicats affiliés et les conseils régionaux. C’est au sein du Comité sur la solidarité internationale de la FTQ que nous pourrons participer à la mise en œuvre d’un plan proposant une action militante plus concrète face aux effets de la mondialisation. Le succès de la Marche mondiale des femme est inspirant à ce titre.

Relations intersyndicales

Concernant les relations intersyndicales, le congrès a adopté une résolution pour que la FTQ « tente d’établir une structure syndicale inter-centrales afin d’unifier et coordonner les actions syndicales sur des enjeux économiques, politiques et sociaux auxquels nous faisons face, incluant ceux liés à la mondialisation ».
Sur la question du maraudage intersyndical, le congrès a demandé notamment à la FTQ de « dénoncer les campagnes de salissage et de dénigrement contre ses syndicats affiliés ».

Subventions à la formation syndicale

Concernant la formation syndicale, les choses ont déjà commencé à bouger. « Nous avons déjà pris des rendez-vous concernant les subventions à la formation syndicale », mentionne le président Massé. Un bloc de trois résolutions adoptées ont fait état de nos besoins de financement, rappelant les compressions draconiennes imposées à la formation par les gouvernements et les répercussions négatives sur nos programmes d’éducation. D’où la nécessité de débloquer des fonds récurrents de la part du gouvernement du Québec. On souhaite aussi valoriser et reconnaître la formation syndicale en prévoyant la tenue d’événements annuels à ce sujet. Enfin, la formation économique a été reconnue comme essentielle pour les membres de la FTQ.

La nationalisation de l’eau

Une résolution a donné lieu à un vibrant plaidoyer sur la nécessité de nationaliser cette ressource abondante et convoitée qu’est l’eau du Québec. Mais il faut aussi tenir compte des confrères et consoeurs dans les entreprises syndiquées d’embouteillage. La FTQ s’est mise à la recherche de gens compétents pour travailler sur ce dossier.

Bref, un bilan chargé qu’il serait difficile de résumer en quelques pages. Pour en savoir plus sur l’ensemble des présentations et débats au congrès, consultez le portail FTQ au www.ftq.qc.ca ou encore le bulletin Au jour le jour publié quotidiennement durant le congrès.