Assurance-emploi : Les coupures fédérales ont déjà fait perdre 13 milliards $ au Québec - Le secrétaire général de la FTQ, René Roy, est à Alma cet après-midi en compagnie de Gilles Duceppe

Alma, 21 novembre 2000 - « Les compressions draconiennes effectuées dans le régime d’assurance-emploi ont coûté à l’économie du Québec le montant renversant de 13 milliards de dollars depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux de Jean Chrétien en 1993 », a révélé aujourd’hui le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy, qui rencontre cet après-midi à Alma des travailleurs de la construction de la région du Saguenay –Lac-Saint-Jean, en compagnie du chef du Bloc québécois, M. Gilles Duceppe.

Le désastre du régime de l’assurance-emploi est au cœur de cette visite dans la région où les travailleurs ont tenu une grande manifestation à Jonquière, jeudi dernier, afin de dénoncer les injustices de ce régime fédéral et libéral.

« Le Québec a en effet perdu 1,9 milliard de dollars par année sous les libéraux de 1993 à 2000, a dit M. Roy, citant des statistiques compilées avec l’aide du Congrès du travail du Canada (CTC), la grande centrale syndicale canadienne à laquelle la FTQ est associée. Si l’on prend quelques régions en particulier, celle de Montréal a perdu 830 millions annuellement, celle de Québec 122 millions, celle de Chicoutimi-Jonquière 72 millions, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine 61 millions et la région de Trois-Rivières 53 millions. Au Canada, la perte totale est de 7 milliards de dollars par année et de 50 milliards depuis 1993. »

Des drames humains derrière les chiffres
« Le plus terrible, ajoute M. Roy, c’est que ces statistiques cachent des tragédies humaines car les restrictions empêchent maintenant les deux tiers des sans-emploi de toucher des prestations, même s’ils cotisent au régime. Il y a une décennie, les sans-emploi et leurs familles bénéficiaient en grande majorité de la protection de l’assurance-chômage. Or, aujourd’hui, 70 % des femmes et 60 % des hommes en chômage n’y ont plus droit. Chez les jeunes de moins de 25 ans, près de 90 % sont inadmissibles aux prestations. C’est un vrai désastre. »

La FTQ et le CTC ont envoyé conjointement une lettre détaillée à tous les députés du Québec, leur dévoilant la réduction du nombre de prestataires admissibles et des prestations versées dans chaque circonscription et chaque région du régime d’assurance-emploi.

Des réformes
Les deux centrales proposent des réformes pour mettre fin au « détournement de fonds » de la caisse de l’assurance-emploi par le gouvernement Chrétien. Elles demandent notamment d’étendre la protection du régime à au moins 70 % des sans-emploi, de hausser les prestations à un montant équivalent aux deux tiers du salaire hebdomadaire et d’indexer le maximum annuel assurable.

La FTQ et le CTC réclament une caisse d’assurance-emploi spécifique permettant au régime d’avoir une comptabilité distincte de celle du gouvernement fédéral. Elles demandent aussi qu’on remette aux employeurs et aux syndicats l’administration conjointe de la caisse qui leur appartient puisque le fédéral n’y verse aucun sou depuis plusieurs années.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres. Le CTC représente 2,3 millions de membres au Canada.