Assurance-emploi : La FTQ réclame le remboursement des 45 milliards pillés dans la caisse par Ottawa

Le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy (<i>Photo: Serge Jongué)

Le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy (Photo: Serge Jongué)

Montréal, le 9 mai 2003 – La FTQ a demandé aujourd’hui au gouvernement fédéral de rembourser les surplus de l’ordre de 45 milliards qu’il a pillés jusqu’à présent dans la caisse de l’assurance-emploi, annonce le secrétaire général de la centrale, M. René Roy.

La FTQ a fait cette demande dans le cadre des consultations en cours pour la fixation des nouveaux taux de cotisation à l’assurance-emploi. « Le gouvernement fédéral a perpétré un véritable détournement des fonds de la caisse. Il a une dette à honorer envers les cotisants, c’est-à-dire les travailleurs et les employeurs, d’autant plus qu’il ne verse plus un traître sou dans la caisse depuis une bonne dizaine d’années », dit M. Roy.

Des surplus faramineux

« Pendant qu’Ottawa accapare des surplus faramineux, ajoute-t-il, les restrictions apportées à la Loi sur l’assurance-emploi empêchent aujourd’hui plus de la moitié (53 %) des sans-emploi au Québec de toucher des prestations, même s’ils cotisent à la caisse. C’est un désastre car les chiffres cachent un grand nombre de drames humains. »

La FTQ et ses syndicats proposent notamment d’étendre la protection du régime à au moins 70 % des sans-emploi, de hausser les prestations à un montant équivalent à 60 % du salaire hebdomadaire et d’indexer le maximum annuel assurable.

La FTQ réclame également la création d’une caisse autonome d’assurance-emploi, administrée conjointement par les cotisants.

Contestation en Cour supérieure

M. Roy rappelle que la Cour supérieure du Québec entend, depuis le 28 mars, la cause en contestation de la Loi sur l’assurance-emploi initiée par le syndicat de l’Alcan à Jonquière (Saguenay), avec l’appui de la Fédération des syndicats du secteur de l’aluminium, du Syndicat des Métallos et de la FTQ. « Nous sommes confiants que cette cause fera la preuve qu’Ottawa s’est illégalement emparé des surplus de la caisse », conclut M. Roy.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.