Assurance-emploi : La FTQ demande à Jean Chrétien de respecter ses engagements électoraux

Montréal, 5 juin 2001 - « Le gouvernement Chrétien doit maintenant respecter les engagements électoraux qu’il a pris à notre égard et présenter, dans les plus brefs délais, un projet de loi qui apportera des améliorations substantielles au régime de l’assurance-emploi, comme vient tout juste de le lui recommander un rapport unanime du comité parlementaire des ressources humaines », a déclaré ce matin le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy. « Dans une rare unanimité, dit M. Roy, les cinq partis à la Chambre des communes, libéraux compris, s’entendent pour dire que les changements apportés récemment à la loi ne sont pas suffisants et qu’Ottawa doit rendre le régime plus généreux pour les sans-emploi. »

Lors de la campagne électorale, rappelle M. Roy, les ministres Alfonso Gagliano et Denis Coderre ont pris des engagements solennels à ce sujet à l’égard de la FTQ, qui a même annulé une manifestation de travailleurs de la construction prévue dans le comté du premier ministre Chrétien. M. Roy ajoute : « Nous sommes déçus de la première réaction de la ministre du Développement des ressources humaines, Mme Jane Stewart, qui a refusé de s’engager à présenter un projet de loi. Le premier ministre Chrétien doit dire à Mme Stewart de se grouiller, car les sans-emploi sont tannés d’attendre ».

Pour M. Roy, « les surplus faramineux du régime d’assurance-emploi, qui sont estimés à sept milliards cette année, sont amplement suffisants pour absorber les coûts de ces améliorations et même permettre une baisse des cotisations. Quand on regarde les hausses de salaire que les députés et ministres s’apprêtent à se voter, on se dit que les sans-emploi n’ont pas à être gênés de réclamer une légère amélioration de leur sort ».

Des améliorations nécessaires

La FTQ appuie les recommandations unanimes du comité parlementaire dont les principales sont les suivantes :

– Que le nombre d’heures travaillées nécessaires pour se qualifier une première fois aux prestations diminue de 910 à 700 heures, soit le nombre maximal exigé pour les autres salariés;

– Que le nombre maximal de semaines de prestations passe de 45 à 50 semaines, ce qui permettrait aux travailleurs saisonniers de faire le pont entre les périodes de travail, éliminant ainsi ce qu’on appelle le « trou noir » ou le « trou du printemps »;

– Que les deux semaines de carence de prestations soient abolies pour les travailleurs qui s’engagent dans des programmes de formation;

– Que les travailleurs autonomes deviennent admissibles au régime.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.