Alcan à Jonquière - Une spectaculaire occupation d'usine des TCA-FTQ

Le 31 janvier, des milliers de personnes se massent à l'entrée de l'usine Arvida du Complexe Jonquière. <br> <br><i>Photo Mishell Potvin, Conseil régional FTQ Saguenay-Lac-Saint-Jean

Le 31 janvier, des milliers de personnes se massent à l'entrée de l'usine Arvida du Complexe Jonquière.

Photo Mishell Potvin, Conseil régional FTQ Saguenay-Lac-Saint-Jean

«Cette fois, des travailleurs n’ont pas protesté en cessant de travailler mais en continuant à le faire. Ce geste exceptionnel de solidarité pour l’emploi mérite tout notre appui», a dit Henri Massé. Le président de la FTQ s’est rendu à Jonquière, le 31 janvier, pour participer à une énorme manifestation régionale d’appui qui a réuni plus de 5 000 personnes.

Ce qui est survenu au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en ce début d’année, restera gravé dans la mémoire du mouvement ouvrier, en particulier à la FTQ.

Pendant 19 jours, à compter du 27 janvier, les 550 travailleurs de la vieille usine d’Alcan à Jonquière (Saguenay) ont occupé leur lieu de travail. Ils ont continué la production à pleine capacité malgré la décision, annoncée brutalement par l’employeur, de fermer les salles de cuves Soderberg. Par ce geste de résistance, les syndiqués voulaient exiger de cette multinationale qu’elle respecte ses engagements d’investir dans une usine de remplacement et de maintenir les emplois. Une injonction les a finalement forcés à cesser l’occupation sous peine de fortes amendes.

Une bataille pour l’avenir de la région
L’opération a été menée de main de maître par le Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA), affilié aux Travailleurs canadiens de l’auto (TCA) et à la FTQ. Elle a reçu un appui actif de la centrale et de ses syndicats dans la région.

«Nos membres ne se sont pas battus pour eux-mêmes, a dit Henri Massé, car aucun d’entre eux ne sera directement pénalisé. Ils se sont battus pour qu’une multinationale richissime comme Alcan respecte ses engagements de remplacer les emplois perdus, ils se sont battus pour l’avenir du secteur de l’aluminium dans leur région.»

En vertu d’une entente de longue durée de 15 ans, négociée par tous les syndicats d’Alcan au Québec et signée en 1998, la compagnie s’engageait non seulement à maintenir mais à créer des emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean et ailleurs au Québec. Cet engagement sera-t-il respecté ?