Action spéciale pour le 8 mars sur 'Le viol un crime passé sous silence au Kenya'

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Drapeau du Kenya

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KENYA : La violence contre les femmes
Chaque année, des milliers de femmes, de jeunes filles et de fillettes, victimes de violences délibérées, sont tuées ou blessées. Ces actes sont perpétrés par des soldats, des policiers ou des gardiens de prison mais aussi, et surtout, par des personnes que les victimes connaissent : mari, père, employeur ou voisin.

Cette violence, due à la discrimination à l’égard des femmes, renforce les inégalités. Bien que les droits des femmes fassent l’objet d’une promotion accrue partout dans le monde, il n’existe aucun pays dans lequel ces dernières ne soient pas victimes de discrimination ou dans lequel elles bénéficient des mêmes droits politiques, sociaux et économiques que les hommes.

La législation internationale relative aux droits humains dispose que les gouvernements doivent protéger tous les individus contre les actes de torture et les autres mauvais traitements, que ceux-ci soient le fait d’agents de l’État ou de particuliers. Le viol et les autres violences graves et délibérées commises contre des femmes constituent des actes de torture lorsque l’État a manqué à son obligation d’assurer une protection et des voies de recours effectives. Loin de protéger les femmes, les États du monde entier permettent que des violences continuent d’être commises contre elles en toute liberté. Lorsqu’ils s’abstiennent d’interdire les actes de violence contre les femmes, de mener une enquête le cas échéant et de punir les coupables, les gouvernements partagent la responsabilité de ces agissements et encouragent leurs auteurs à continuer.
Amnistie internationale appelle tous les gouvernements à s’acquitter de leurs obligations en matière de droits humains en prenant des mesures pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes.

Dans la Déclaration des Nations unies sur l’élimination de la violence contre les femmes, « les termes ‘violence à l’égard des femmes’ désignent tous [les] actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques […], que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ». Il s’agit notamment de « la violence […] perpétrée ou tolérée par l’Etat, où qu’elle s’exerce » et de « la violence […] exercée au sein de la famille [et] de la collectivité ».

CAS D’APPEL – Mary Muragwa
« Les États devraient mettre en œuvre sans retard, par tous les moyens appropriés, une politique visant à éliminer la violence à l’égard des femmes. »Déclaration des Nations unies sur l’élimination de la violence contre les femmes

Le 27 mars 1995, sept membres d’une unité spéciale de la police qui étaient à la recherche de l’époux de Mary Muragwa se sont rendus chez elle, à Nampla (district de Bungoma). Les policiers ne trouvant pas son époux, ils se sont mis à la frapper, alors qu’elle avait donné naissance à son sixième enfant à peine plus d’un mois auparavant. Mary Muragwa est tombée et s’est fracturé le bras à trois endroits. Elle a affirmé avoir été violée chez elle par deux des fonctionnaires de police.

Les policiers l’ont ensuite arrêtée et emmenée, avec son enfant, au bord de la rivière voisine. Ils l’ont menacée d’un pistolet, dit-elle, et lui ont déclaré qu’ils la tueraient et jetteraient son corps à la rivière si son mari n’était pas retrouvé.

Mary Muragwa a alors été conduite au poste de police de Bungoma et placée dans une salle où se trouvaient sept policiers – cinq hommes et deux femmes –qui l’ont frappée, selon elle, pendant six heures.

Les policiers lui ont dit qu’ils étaient à la recherche de son mari, David Muragwa (un enseignant à la retraite âgé de soixante-cinq ans), parce qu’il s’occupait de politique. Ils ont déclaré que la grenade qui avait tué trois de ses enfants un an auparavant visait en fait son époux. Ils lui ont même proposé de lui verser de l’argent si elle leur indiquait où il se trouvait. Elle a refusé.
Pendant les deux mois qui ont suivi, Mary Muragwa a été détenue par la police et « interrogée ». Elle affirme avoir été battue lors de chaque séance d’interrogatoire. Elle n’a reçu aucun traitement médical pour les douleurs au ventre et les saignements provoqués par les coups. Malgré ses demandes répétées, elle n’a jamais été présentée à une autorité judiciaire.

Mary Muragwa a finalement été libérée le 30 juillet 1995 et placée en résidence surveillée. La police a contrôlé ses déplacements pendant un an pour voir si elle se rendait auprès de son mari. Au bout d’un an, on lui a annoncé qu’elle était libre.
En 1997, son époux est revenu d’Ouganda, où il avait fui lorsqu’il avait appris que la police voulait l’arrêter. Il n’a pas été harcelé depuis. L’année suivante, Mary Muragwa a fait deux fausses couches. Elle pense qu’elle ne pourra plus avoir d’enfants en raison des blessures qui lui ont été infligées.

À sa connaissance, les policiers qui l’ont violée et torturée exercent toujours leurs fonctions.
Mary Muragwa est loin d’être la seule femme violée et torturée par des policiers au Kenya. Le gouvernement manque à son obligation de protéger les femmes contre les violations des droits humains.

Les membres de la police et des forces de sécurité sont rarement tenus de rendre des comptes et c’est donc en toute impunité qu’ils commettent des actes de torture, notamment des viols.

À la connaissance d’Amnistie internationale, les poursuites judiciaires pour viol engagées contre des policiers au Kenya n’ont jamais abouti.

Agissez maintenant
Amnistie internationale fait campagne pour que les droits de la femme soient mieux respectés au Kenya. Joignez votre voix à la nôtre.

Écrivez au ministre de la justice et demandez-lui d’ouvrir sans délai une enquête exhaustive et impartiale sur le viol et les autres actes de torture dont a été victime Mary Muragwa. Exhortez-le également à veiller à ce que les personnes soupçonnées d’être responsables de ces agissements soient déférées à la justice. Afin de faciliter cette action, nous joignons un modèle de lettre que vous pouvez personnaliser. Télécharger le modèle de lettre en cliquant ici.

Écrire à :

Ministre de la Justice du Kenya :
Mr Amos Wako
Office of the Attorney General
State Law Office
Harambee Avenue
PO Box 40112
Nairobi
Kenya Fax : +254 2 315 105

Envoyez conforme de votre lettre aux :

Chef de police :Mr Philemon Abong’oOffice of the Kenya PoliceHeadquarters CommissionerPhilemon Abong’oPO Box 30083NairobiKenya Fax : +254 2 330 495

Haut-commissariat de la République du Kenya :Son Excellence M. Green Hannington Ogola JOSIAHHaut-commissaire Haut-commissariat de la République du Kenya 415 Avenue Laurier Est Ottawa, Ontario K1N 6R4 Tél : (613) 563-1773 Fax: (613) 233-6599

Si vous désirez obtenir plus d’informations sur la violence contre les femmes au Kenya, communiquez avec les responsables du Réseau-Femmes au Secrétariat d’Amnistie internationale au (514) 766-9766 ou 1 800 565-9766 en demandant Anne Ste-Marie ou Marie Côté.


Merci d’intervenir en sa faveur