À nous la rue!

Éditorial

Photo : Michel Giroux

Photo : Michel Giroux

Paru dans la dernière édition du Monde ouvrier.
Téléchargez le numéro de novembre-décembre 2014.

Ce slogan du printemps étudiant a une résonnance toute particulière en ces temps de grande mobilisation. Vous avez répondu, et comment, à l’appel lancé à vous indigner et à vous tenir debout face à un gouvernement hostile et austère. Nous étions plus 125 000 dans les rues de Montréal et de Québec le 29 novembre dernier. BRAVO!

Ce large mouvement concerté d’acteurs du progrès social déterminés à préserver la société québécoise de la destruction ne fait que commencer. Nous aurons du pain sur la planche au cours des prochains mois, car ce gouvernement, obsédé par l’atteinte de l’équilibre budgétaire, est en train de prendre, à la pièce, un ensemble de décisions qui changeront radicalement le visage du Québec. À nous d’y voir ! Nous devons être déterminés et solidaires pour sauvegarder ce Québec que nous avons mis des décennies à bâtir et qui se distingue des autres provinces, notamment par ses mesures sociales et ses structures de concertation.

Un gouvernement qui a perdu le sens des réalités

Sous prétexte d’alléger les structures et de rapprocher les décisions de la population, le gouvernement de Philippe Couillard fait table rase d’années d’expertise et évacue le processus démocratique de concertation.

Abolition des centres locaux de développement (CLD), annonces de compressions dans les services publics, projets de loi sur les régimes de retraite qui remettent en question des ententes négociées de bonne foi dans les municipalités, coupes dans le monde agricole : tout y passe sans qu’il en ait été question lors des dernières élections ni à l’intérieur des milieux concernés. D’où sortent toutes ces grandes idées de réforme ? Ça sent l’improvisation idéologique à plein nez.

Appel à un dialogue social

Ces décisions sont prises hâtivement, sans autre critère que celui des économies à faire à court terme. Ce qui est également terrifiant et qui doit nous indigner, c’est cette façon toute particulière qu’a ce gouvernement de manier la hache sans prendre le temps d’évaluer les conséquences qu’auront ces brèches. Quels impacts non seulement sociaux, mais aussi économiques, auront ces décisions de coupes des effectifs dans tous les organismes publics, de fusions dans le réseau de la santé, de compressions au ministère de l’Immigration dans les régions, etc. Ce gouvernement est en train de démanteler tout ce qui fait du Québec une société nationale distincte.

Ce n’est qu’un début!

Ce vaste mouvement de mobilisation ne fait que commencer. L’agenda de l’hiver et du printemps sera chargé. Déjà plusieurs actions sont sur la planche à dessin. Partout au Québec, les élus politiques peuvent s’attendre à entendre parler de nous !

En attendant de vous retrouver en pleine forme et prêts à l’attaque dès le début 2015, nous vous souhaitons un congé des Fêtes reposant et ressourçant avec vos proches et vos familles.

Solidairement,

Daniel Boyer et Serge Cadieux, respectivement président et secrétaire général de la FTQ