À compter du 8 mai - GRÈVE DES EMPLOYÉS DE VIDÉOTRON

Montréal, le vendredi 3 mai 2002 – Les quelque 2 200 employés de la plus importante entreprise de câblodistribution au Québec vont débrayer, à compter de zéro heure une minute, mercredi prochain, le 8 mai. Le déclenchement de cette grève survient après que l’ensemble du personnel de Vidéotron Limitée (câble et Internet) a rejeté les « offres » de l’employeur et voté en faveur de la grève à plus de 99 %. Ce matin, la partie syndicale a transmis un avis de grève formel, conformément aux dispositions du Code canadien du travail.

Yves Lalonde, président du SCFP 2815 (employés de Vidéotron de l’Ouest du Québec) sait que le conflit pourrait être long, mais considère qu’il ne s’agit pas d’une négociation ordinaire. « Ce qui est en cause ici, c’est le démantèlement pur et simple de la compagnie », précise-t-il. « Après avoir acheté Vidéotron à gros prix avec l’aide de la Caisse de dépôt, Pierre Karl Péladeau veut tout simplement revendre en pièces détachées », explique Yves Lalonde.

La grève pourrait forcément se répercuter sur les abonnés, car il est à prévoir que la qualité des services offerts à la clientèle en souffrira. D’autre part, les mois de mai et juin constituent une période d’abonnement très active, un grand nombre de Québécois planifiant leurs déménagements du 1er juillet. Cette conjoncture particulière pourrait aussi mettre une pression additionnelle sur les services de Vidéotron.

Des profits pour Vidéotron
Le 15 février dernier, Quebecor rendait publics les résultats de ses filiales pour l’année financière se terminant le 31 décembre 2001. Par rapport à l’année 2000, Vidéotron a connu un accroissement de ses revenus de 7,7 % en 2001 (709,6 millions de dollars contre 659 millions en 2000), de même qu’un accroissement du bénéfice d’exploitation de 15,8 % (revenus-dépenses d’exploitation, 271,9 millions comparativement à 234,9 millions en 2000), ainsi qu’une hausse de sa marge bénéficiaire (taux de profit brut) à 38,3 % contre 35,6 % en 2000 . Ces résultats ont été réalisés la même année, en dépit de la prétendue perte de 46 000 abonnés selon Quebecor.

Malgré ces résultats très positifs, Quebecor demande quand même des compressions de l’ordre de 30 millions à ses employés. Si elles devaient être acceptées, ces demandes signifieraient la perte de plus de 1 000 emplois à Vidéotron. Les demandes patronales reposent sur l’impartition, la sous-traitance et la réduction brutale des conditions de travail pour le personnel. À titre d’exemple, les techniciens que Quebecor veut vendre à Entourage Solutions technologiques, verraient leur salaire réduit de 31 à 34 %, sans compter la perte d’autres avantages, comme leur fonds de retraite.

On se rappellera que lors de l’achat de Vidéotron par Quebecor, plusieurs de nos politiciens répétaient que le Québec ne devait pas laisser filer ce fleuron québécois des communications aux mains de Rogers, une compagnie de câblodistribution du Canada anglais. Il est assez triste de constater qu’aujourd’hui, Quebecor Média veut tout simplement démanteler Vidéotron pour maximiser ses profits.

Le personnel de Vidéotron Limitée (câble et Internet) est représenté par deux syndicats, le SCFP 2815 pour l’Ouest du Québec, environ 1 800 membres, et le SCFP 1417 pour l’Est du Québec, environ 380 membres. Comptant au total 7 000 membres dans les communications au Québec, le SCFP est présent dans plusieurs autres secteurs, notamment la santé et les services sociaux, l’éducation, les transports urbain et aérien, les sociétés d’État et organismes publics québécois, l’hydroélectricité et les municipalités. Avec près de 100 000 membres, le SCFP est le plus important affilié de la FTQ.

Source : http//scfp.qc.ca