À 48 heures du dépôt du prochain budget, la FTQ dénonce la volonté de Québec d’instaurer un Régime volontaire d’épargne-retraite

« Il s’agit de la pire option et d’une illusion, la majorité de la population ne pourra jamais amasser des fonds suffisants pour la retraite » – Michel Arsenault, président de la FTQ

Montréal, le 18 mars 2012 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est consternée de constater que le gouvernement veut toujours aller de l’avant avec la mise sur pied du Régime volontaire d’épargne-retraite (RVER), la pire des options.

« À la FTQ, on ne comprend pas pourquoi le gouvernement s’entête à promouvoir une option qui n’ajoute rien à ce qui existe déjà. Le ministre Bachand prétend que le RVER constitue un régime de retraite, mais il n’en est rien! Le RVER n’est qu’un REER qui fait supporter la responsabilité de la retraite sur les seules épaules des travailleurs et des travailleuses, en leur laissant le soin, individuellement, d’assumer tous les risques financiers associés aux rendements », s’indigne Michel Arsenault. « La responsabilité de la retraite doit être partagée entre les salariés, les employeurs et l’État. »

Un cadeau pour les amis

Cette annonce confirme ce que nous savions déjà : le gouvernement Charest offre un véritable cadeau à ses amis du secteur financier. Il choisi la mesure la plus inefficiente et inéquitable de toutes, avec des frais de gestion parmi les plus élevés (entre 2,5 % et 3 %). De fait, Québec devient pourvoyeur de REER auprès des grandes banques et des compagnies d’assurances. « De plus, il est à prévoir que la mise sur pied du RVER aura des impacts contre-productifs puisque des employeurs qui offrent déjà un régime de retraite pourront être incités à se désengager afin d’adhérer à une formule dans laquelle ils ne seront plus obligés de cotiser. Il s’agit d’une connivence éhontée avec les patrons, et cela doit être dénoncé », a ajouté Michel Arsenault.

La seule solution viable, l’amélioration du Régime de rentes du Québec

La FTQ, en association avec plus de 75 groupes représentant les retraités, les femmes, les jeunes, les étudiants, revendique depuis près de deux ans une amélioration au Régime de rentes du Québec (RRQ). « Au Canada, conclut Michel Arsenault, le ministre Bachand est un des seuls ministres des Finances qui s’opposent à une amélioration des régimes publics. Cette option est pourtant la seule qui permet d’assurer véritablement une retraite décente aux futurs retraités, à faible coût et dans le respect de l’équité intergénérationnelle. Plusieurs études canadiennes et québécoises démontrent l’avantage de l’adoption de cette mesure. »

Le dirigeant de la FTQ rappelle que même le Conseil du patronat s’inquiète du fardeau administratif que constitue l’obligation de la mise sur pied du RVER et il a bien raison. La Régie des rentes du Québec a déjà un mécanisme de prélèvement rodé, efficace et avec des coûts de gestion de 0,8 %.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres.

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