825 MEMBRES DU SCEP EN GRÈVE DEPUIS PLUS DE DEUX MOIS

Au moment de mettre sous presse, les 825 membres des sections locales 501 et 504 du Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), à l’usine CAMCO dans l’est de Montréal, étaient en grève depuis une dizaine de semaines. La dernière séance de négociation avait eu lieu le 9 mai, en présence du conciliateur Julien Perron, et rien ne laissait prévoir un règlement.

Durant un sprint de négociation qui a duré 18 heures, l’employeur a refusé à plu-sieurs reprises les propositions de règlement du comité syndical. Ses représentants ont prétendu avoir une offre à déposer sans vouloir le faire, par crainte d’un rejet… Pour-tant, la direction de l’usine s’est ensuite empressée de faire parvenir une sixième let-tre d’intimidation au domicile des salariés, faisant planer la perte de contrats s’il n’y avait pas de règlement. Elle a répété avoir présenté ses offres finales et que la tenue d’un vote devrait être réclamée au syndicat. Pour Michel Ouimet, vice-président du SCEP et responsable du dossier, CAMCO ne règlera rien si elle continue de passer par dessus le syndicat. «Lors-que les dirigeants de l’usine ont voulu parler directement au syndicat national, je leur ai dit : le règlement va passer par la table de négociation et le vote des membres!»

Le moral au beau fixe
À la mi-mai, le comité de négociation a tenu une réunion d’information dans un parc situé à l’arrière de l’usine de la rue Notre-Dame est. Plus de 500 grévistes ont réitéré leur appui à leurs deux syndicats en scandant des slogans de solidarité. Il n’est pas question de se laisser intimider. Les membres veulent voter sur un projet d’entente honorable. Les témoignages publiés sur le site Internet de la section locale 501 (scep501.multima-nia.com) font foi du moral des troupes et de leur intention de tenir le coup pour obtenir des conditions comparables à celles conclues à l’usine de Hamilton, en Ontario. Sans même débrayer, les salariés ont reçu des améliorations au régime de retraite, aux salaires et aux avantages sociaux. Pour Alain Leduc, président de la section locale 501, «les offres de l’employeur sont injustes pour les membres qui ont contribué largement à la rentabilité de l’usine de Mont-réal». L’attitude de l’employeur est d’autant plus difficile à comprendre que des deux usines, c’est Montréal qui a obtenu les meilleurs résultats financiers. L’an dernier, l’usine de Hamilton a affiché un déficit de 13 millions tandis que Montréal déclarait des bénéfices nets de 18 millions. Parmi les points en litige, les parties n’arrivent pas à s’entendre sur les améliorations à apporter au régime de retraite. Le syndicat réclame notamment une augmentation à 96% (+ 2%) et à 98% (+1%) de la rente complète pour les personnes voulant prendre leur retraite à 60 ou 61 ans. Le régime actuel prévoit une retraite à partir de 62 ans sans pénalité. Les travailleurs et travailleuses de CAMCO fabriquent des sécheuses et des lave-vaisselle.