« 5 000 lits en PPP, c'est 550 millions de dollars payés en trop » – Henri Massé, président de la FTQ

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Montréal, jeudi 5 mai 2005 – Alors qu’il a déjà été démontré dans le dossier de la relocalisation de la Résidence Saint-Charles à Québec qu’il en coûte 34 % de plus en PPP qu’en régie, soit 100 000 dollars de plus par lit, pour confier au privé la responsabilité d’un projet de CHSLD, la FTQ s’inquiète des récents propos du ministre Couillard sur la privatisation de 3 000 à 5 000 lits de soins de longue durée.

Rappelons qu’un rapport de la firme Malette, commandé par le Centre de santé et de services sociaux de Québec Sud, établissait à 42,2 millions de dollars la construction et l’exploitation de la Résidence Saint-Charles en mode conventionnel contre 56,6 millions de dollars selon la formule PPP. Et encore, pour en arriver à ce montant en PPP, le partenaire privé devrait accepter de se contenter d’un rendement de 5 % et les coûts de construction devraient être réduits de 20 % par rapport au mode conventionnel.

« Si le ministre dit qu’il n’a plus d’argent pour de nouvelles places en CHSLD, où va-t-il trouver les 550 millions de dollars en trop qu’il devra inévitablement verser au secteur privé pour 5 000 lits en formule PPP? Nous ne pouvons qu’être d’accord avec le noble objectif de maintenir les personnes en perte d’autonomie le plus longtemps possible dans leur milieu de vie naturel, mais il ne faudrait pas profiter de la situation pour enrichir indûment des promoteurs privés de PPP », a expliqué le président de la FTQ, Henri Massé.

D’après les renseignements obtenus par la FTQ, les commandes de coupures de lits auraient déjà commencé à être passées. En effet, le conseil d’administration (CA) du CSSS de Kamouraska, le 27 avril dernier, donnait le mot d’ordre pour une diminution d’une unité de 13 lits en services aux personnes en perte d’autonomie dès le 1er novembre 2005 « pour une somme annualisée de 113 455 $ » et pour une révision de l’offre de service et la mise en place de mesures alternatives à l’hébergement. À part la certitude qu’il y aura des coupures, tout est mystère : Quels lits seront coupés? Qui assumera les services coupés?

« Si on se trompe en évoquant les données contenues dans le rapport de la firme Mallette ou en interprétant les directives de certains CA, qu’on nous montre une autre étude qui contredise ces données ou qu’on nous dise que certains CA prennent des initiatives de leur propre chef.

« En attendant, on demande au ministre de faire preuve de rigueur et de prudence dans un dossier qui risque de coûter très cher aux contribuables sans régler la pénurie de places en CHSLD publics. On veut également qu’il nous assure qu’on ne reviendra pas à l’époque où foisonnaient nombre de petits foyers clandestins ou semi-clandestins », a conclu le président de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres dont quelque 50 000 membres dans le secteur de la santé et des services sociaux. Ces membres sont représentés par le Syndicat québécois des employés et employées de service (SQEES-298) et par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).