45 ans après la célèbre grève de 1957 - Murdochville : l'ultime bataille des Métallos

La fermeture de la fonderie de cuivre de la Noranda, le 30 avril, a fait perdre leur gagne-pain à 300 métallos

La fermeture de la fonderie de cuivre de la Noranda, le 30 avril, a fait perdre leur gagne-pain à 300 métallos

Quarante-cinq ans après leur célèbre grève de 1957, les Métallos livrent une ultime bataille à Murdochville, en Gaspésie, où la multinationale Noranda a fermé sa fonderie le 30 avril dernier, comme elle avait fermé sa mine de cuivre trois ans plus tôt. La survie de la ville est en jeu.

Le directeur québécois du Syndicat des Métallos (FTQ), Michel Arsenault, est lui-même un ancien travailleur de Murdochville, tout comme le directeur canadien, Lawrence McBrearty et beaucoup d’autres représentants des Métallos qui ont fait leurs premières armes syndicales dans cette petite ville située au cœur de la forêt gaspésienne.

«En ce qui concerne la relance des activités, dit Michel Arsenault, les Métallos ont fait toutes les démarches possibles avec le soutien du président de la FTQ, Henri Massé, et du Fonds de solidarité. Rien ne pointe à l’horizon. Entre-temps, nous faisons notre travail de syndicalistes afin d’alléger les souffrances entraînées par la fermeture. Notre responsabilité, c’est de tout faire pour que nos 300 membres s’en sortent le mieux possible. Nous demandons donc à la Noranda d’être plus généreuse et de permettre à nos gens de partir la tête haute.»

Au moment d’aller sous presse, les Métallos jugeaient toujours insuffisantes les primes de départ offertes par la puissante compagnie. «Si Noranda a des milliards à investir au Chili et en Patagonie, elle est sûrement capable d’aider ses salariés à avoir une retraite convenable après 20, 25 ou 30 ans de service, dit le président du syndicat local, Jean d’Arc Beaudin. C’est toute une population que laisse tomber Noranda après 50 ans de bons profits.»
La grève de 1957

En 1957, cinq ans après l’ouverture de la mine, Murdochville avait été le théâtre d’une des grèves les plus marquantes de l’histoire du mouvement ouvrier au Québec, prélude à la chute du régime de Maurice Duplessis. Cette grève de 950 membres du Syndicat des Métallos avait duré sept mois. Menée au nom du droit d’association, elle visait à faire reconnaître le syndicat par la compagnie Gaspé Copper, filiale de la Noranda. L’employeur avait engagé des briseurs de grève avec l’appui du gouvernement antisyndical de Duplessis, qui avait dépêché sur place sa Police provinciale.

À l’appel de la FTQ nouvellement fondée, deux grandes manifestations de solidarité avaient ponctué ce long conflit : à Murdochville même, le 19 août 1957, puis devant le Parlement de Québec, le 7 septembre. La grève avait pris fin le 5 octobre sans que les Métallos aient pu arracher la reconnaissance syndicale. Ils n’abandonneront pas la lutte pour autant et le syndicat sera finalement reconnu huit ans plus tard, en 1965.

Aujourd’hui, les Métallos sont toujours là pour aider leurs membres et la population de Murdochville à livrer cette ultime bataille.