27E CONGRÈS DE LA FTQ
Notre rapport de force en action
Présents sur tous les fronts

Parler de rapport de force, c’est parler de notre action syndicale sur tous les fronts. Face aux gouvernements, face aux employeurs. À tous les niveaux : local, régional, sectoriel, national et international. Seuls ou avec d’autres, du monde syndical ou d’autres groupes sociaux. C’est parler aussi de la diversité des membres que nous représentons, des femmes et des hommes, des jeunes et des plus âgés, d’origines ethniques ou de religions différentes, etc. Et donc de la diversité des revendications qu’il nous faut définir et porter. C’est parler de la nécessité de bâtir, avec eux et elles, la solidarité, le rapport de force, essentiels pour atteindre nos objectifs de justice et d’équité. Dans les milieux de travail. Dans la société.

Pour préparer les discussions du congrès sur ce grand thème, le Service de la recherche de la FTQ a rencontré la majorité des comités FTQ et des groupes-cibles de conseillères et conseillers syndicaux, de militants et militantes de syndicats locaux, du secteur privé et du secteur public.

La FTQ et l’action politique
Une déclaration de politique à débattre

L’action politique est une des principales raisons d’être de la FTQ. En se regroupant, les syndicats locaux demandent à la FTQ de les représenter et de revendiquer pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs, pour l’ensemble des citoyennes et des citoyens du Québec. Et cette action de la FTQ se définit dans sa politique de présence, dans son action politique autonome, dans son action politique électorale. Des motifs et des critères guidant notre politique de présence ont déjà été adoptés au Congrès de 1993 et seront revus lors de ce 27e Congrès.

Être présents, c’est participer aux institutions démocratiques de la société québécoise, que ce soit les commissions parlementaires ou les sommets ou forums auxquels nous convient les gouvernements. C’est être actifs au sein de comités et d’organismes créés par les États : au niveau international, par exemple à l’Organisation internationale du travail (OIT); au niveau national, à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) ou à la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT); au niveau régional, aux diverses instances de développement socioéconomique régional.

Être présents, c’est aussi se faire entendre, même lorsqu’il n’y a pas de lieu formel de représentation. Notre action politique autonome est à cet égard le fondement de tout autre type d’action politique. Si nous n’avions pas eu la force de faire reconnaître notre pertinence auprès des gouvernements, ils ne nous inviteraient pas à participer, ils ne tiendraient pas compte de nos revendications dans leurs décisions. Si nos gouvernements sont les premiers visés par nos actions, la nécessité de rejoindre l’ensemble de la population se fait souvent sentir, d’autant plus que le discours néolibéral est omniprésent.

Pour renforcer et exercer notre rapport de force, nous nous allions de plus en plus souvent à d’autres groupes syndicaux ou sociaux en tenant compte de divers critères, par exemple le respect de notre fonctionnement démocratique. Ces critères n’ont cependant jamais été formalisés, ce qui sera fait durant ce congrès.
Être présents, c’est aussi participer activement à la vie politique québécoise. La FTQ a une autonomie totale et entière à l’égard de tout parti politique mais elle n’est pas, ne doit pas être neutre pour autant. Au fil des élections québécoises et fédérales, la FTQ a développé des plates-formes électorales, a évalué la performance des gouvernements, a donné son appui ponctuel à certains partis à la suite de congrès extraordinaires (élections québécoises) ou de conseils généraux spéciaux (élections fédérales). Divers congrès de la FTQ, dont celui de 1987, ont pris position quant aux principes, critères d’appui ou modes de fonctionnement devant guider notre action politique électorale. Le Congrès de 2004 fera à nouveau le point.

L’action syndicale face aux employeurs
Le travail des commissions
Ce rapport de force que nous développons à l’échelle de la société est aussi fondé sur notre rapport de force dans les milieux de travail. Souvenons-nous que l’inclusion dans le Code du travail du précompte syndical obligatoire (la formule Rand) et de l’interdiction de recourir à des briseurs de grève a fait suite à la longue grève des travailleurs de la United Aircraft (aujourd’hui Pratt & Whitney) et d’autres. De même, nos avancées législatives en matière de santé et de sécurité du travail faisaient suite aux multiples conflits de travail engendrés par les pénibles conditions subies par les travailleurs et travailleuses.

Qu’en est-il aujourd’hui de notre rapport de force face aux employeurs? Quels sont les changement sociaux et économiques qui influent sur notre capacité à développer et à exercer un rapport de force? Sur quoi devons-mettre nos efforts? Quelles sont les attentes de nos membres? Qu’en est-il de notre capacité de les rejoindre et de les représenter? C’est le travail de réflexion auquel nous sommes conviés à l’occasion de ce 27e Congrès de la FTQ. Nous en discuterons d’abord en commissions avant d’adopter des propositions qui deviendront un plan d’action concret pour les années à venir.