20 ans après la fin de la marche «Du pain et des roses», l’Assemblée nationale reconnaît sa contribution

Marche des femmes contre la pauvreté en juin 1995 (rassemblement à Québec) | Photos : Didier Debusschere

Marche des femmes contre la pauvreté en juin 1995 (rassemblement à Québec) | Photos : Didier Debusschere

Célébration du 20e anniversaire de la marche des femmes contre la pauvreté

Montréal, le 4 juin 2015. Le 4 juin 1995, 15 000 personnes accueillaient les 850 marcheuses de la marche des femmes contre la pauvreté « Du pain et des roses », à leur arrivée à l’Assemblée nationale. Vingt ans plus tard, les membres de l’Assemblée nationale saisissent ce rendez-vous avec l’histoire, en adoptant une motion reconnaissant l’effet positif que « Du pain et des roses » a eu sur la société québécoise.

Après avoir marché durant 10 jours, du 26 mai au 4 juin 1995, et parcouru les 200 km séparant Québec de Montréal, de Longueuil et de Rivière-du-Loup, les attentes des marcheuses étaient très grandes et l’appui reçu de la population leur confirmait l’importance de l’exploit qu’elles réalisaient. Consultez les faits saillants de cet événement.

« Tout au long du trajet, on percevait que la population avait développé une admiration et une affection certaine pour ces 850 marcheuses déterminées. Le gouvernement ne pouvait faire autrement que de prendre au sérieux leurs revendications » rappelle Mercédez Roberge, travailleuse de l’équipe de coordination en 95 et coorganisatrice des retrouvailles célébrant le 20e anniversaire de l’événement.

Rappelons que le 2 juin 1995, avant même la démonstration de l’appui populaire lors du rassemblement final, une motion était unanimement adoptée par l’Assemblée nationale, afin de souligner « la détermination et la solidarité dont font preuve les femmes du Québec dans ce mouvement appelé « Du pain et des roses » afin de lutter contre la pauvreté. »

« Vingt ans plus tard, alors que les fruits de cette détermination et de cette solidarité sont encore plus tangibles, il est réjouissant de constater que l’Assemblée nationale ait adopté à l’unanimité une motion commémorative » souligne Lise Fournier, marcheuse en 95 et coorganisatrice des retrouvailles.

20 ans après la fin de la marche «Du pain et des roses» l’Assemblée nationale reconnaît sa contribution en adoptant une motion à l’unanimité

En ce 4 juin 2015, la motion a été présentée par la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, madame Manon Massé (QS), conjointement avec la ministre responsable de la Condition féminine, madame Stéphanie Vallée (PLQ), la députée d’Hochelaga-Maisonneuve, madame Carole Poirier (PQ) et la députée de Saint-Hyacinthe, madame Chantal Soucy (CAQ). Elle se lit comme suit :

« Que l’Assemblée nationale souligne le 20e anniversaire de la marche des femmes contre la pauvreté Du pain et des roses, laquelle s’était déroulée du 26 mai au 4 juin 1995;
Qu’elle félicite les milliers de femmes qui ont contribué à cette marche, en tant que marcheuses, bénévoles ou travailleuses aux divers paliers d’organisation, de même que les centaines d’organisations du mouvement féministe qui s’étaient réunies pour l’organiser;
Qu’elle souligne l’importance de l’appui obtenu par la marche « Du pain et des roses », tant des femmes que des hommes du Québec, de même que par les membres de l’Assemblée nationale de l’époque;
Qu’elle affirme l’importance de lutter contre la pauvreté, notamment en vue d’atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes;
Qu’elle reconnaisse la contribution qu’a eue la marche des femmes contre la pauvreté « Du pain et des roses » à l’amélioration de la société québécoise et prenne acte du chemin qu’il reste à parcourir.»

« Par cette motion, l’Assemblée nationale reconnaît l’importance historique que constituait la présentation des neufs revendications, lesquelles réclamaient des infrastructures sociales, une loi sur l’équité salariale et la perception automatique des pensions alimentaires, d’élargir l’application des normes du travail, d’augmenter le salaire minimum, de créer des logements sociaux, d’améliorer l’accès à la formation générale et professionnelle, de rendre rétroactive la loi sur la réduction du parrainage pour les femmes immigrantes parrainées par leur mari et venir en aide à celles qui sont victimes de violence conjugale et familiale, de geler les frais de scolarité et d’augmenter les bourses » de souligner les deux organisatrices des retrouvailles soulignant le 20e anniversaire de la marche des « Du pain et des roses ».

Des retrouvailles le 6 juin 2015

Vingt ans plus tard, deux militantes, l’une marcheuse et l’autre travailleuse de l’équipe de coordination, invitent les médias et la population à célébrer l’effet qu’a eu la marche sur la société québécoise. Un pique-nique de retrouvailles est organisé le samedi 6 juin 2015, de midi à 15 h, sur les pelouses devant l’Assemblée nationale. Les retrouvailles s’adressent autant aux marcheuses, militantes et organisatrices de l’époque qu’aux personnes qui en reconnaissent l’importance historique de même qu’aux médias.

Plusieurs personnalités du milieu féministe, communautaire, syndical, artistique et politique ont annoncé leur présence, dont mesdames les députées, Françoise David et Manon Massé, toutes deux ayant travaillé à l’organisation de la marche en 1995, la première comme présidente de la FFQ et la seconde active dans l’organisation des trajets des contingents, de même que la coordonnatrice de la marche, madame Diane Matte. Seront également présentes pour souligner l’importance qu’a eu la marche pour le mouvement féministe, mesdames Élisabeth Gibeau et Émilia Castro, respectivement vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec et porte-parole de la Coalition québécoise de la Marche mondiale des femmes.

Très impliquée en 1995, les grandes organisations syndicales seront également représentées par leurs porte-parole, notamment mesdames Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Véronique De Sève, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux CSN et Louise Mercier, vice-présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

Plusieurs marraines de 1995 sont attendues, dont mesdames Audrey Benoît, écrivaine, Aoura Bizzarri, directrice du Collectif des femmes immigrantes du Québec, Ariane Émond, journaliste et animatrice, Michèle Rouleau, productrice de télévision, Marie-Claire Séguin, compositrice et chanteuse, notamment de la chanson « Du pain et des roses » et Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d’Haïti. Soulignons enfin la présence annoncée de l’aînée des marcheuses, madame Christiane Sibillotte, maintenant âgée de 99 ans.

Un début de bilan

Des neuf revendications de l’époque, certaines ont progressé rapidement, d’autres sont encore inachevées ou même en péril, mais elles sont toutes encore d’actualité et méritent qu’un bilan soit fait pour estimer le chemin qu’il reste à parcourir. Avec la collaboration de plusieurs organisations ayant participé à l’élaboration des revendications, les organisatrices des retrouvailles présenteront leur contribution à cet exercice, durant le pique-nique du 6 juin.

Pour plus de renseignements :

Les informations sont disponibles en ligne et sur facebook.com/Dupainetdesroses20ans